Le weblog entièrement nu

Roland, entièrement nu... de temps en temps.

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Aomori, Toya, Sapporo

30 octobre, suite. La ligne shinkansen n'arrivera à Aomori qu'en 2010, donc pour aujourd'hui on a une correspondance à Hachinohe. On finit par arriver en début d'après-midi, mais comme la nuit va tomber tôt (on a bien bougé vers le nord et l'est) et que l'auberge est un peu excentrée, on se contente d'une balade en ville sans trop de tourisme intensif. On monte quand même à l'étage panoramique du bâtiment ASPAM (on sait pas ce que c'est, mais il a sa petite mascotte, appelée Pam-pam-kun), juste à temps pour voir le soleil se coucher et faire le tour du paysage, avec la ville, la baie, le Pacifique, et on voit presque un bout d'Hokkaido. Puis on migre vers l'auberge en passant par un supermarché pour acheter du manger.

On arrive dans une auberge dont le tenancier est complètement fan d'Irlande. Il a une quantité incroyable de bouquins sur l'Irlande, des rangées de canettes et de sous-bocks Guinness et Murphy's et Kilkenny et autres, des drapeaux, des cartes, etc. Et il a des bouteilles au frigo. Et il est très sympathique, on reviendra quand on aura plus de temps. En revanche, son auberge n'est pas accessible aux réseaux de communication (ni téléphone mobile, ni Internet).

Pas encore de neige, mais il commence à faire frisquet.

31 octobre. Migration vers Hokkaido et la région du lac Toya, région volcanique pleine de monts Machin-shinzan (où « shinzan » se traduit littéalement par « nouvelle montagne »). Sources thermales, région très touristique... l'été. Là, on est vraiment en période creuse, et ça se sent. Les bus sont à un rythme très allégé. Donc comme en plus il pleut, on laisse les bagages dans une consigne, et on va squatter le bain d'un hôtel du centre-ville. Puis on finit par se rendre à l'auberge de jeunesse, sauf qu'en période creuse apparemment la branche AJ est fermée et on a juste les tarifs correspondants pour avoir une chambre de business hotel. Pas réellement glauque, mais pas loin : vieillissant, sans âme, sans salle commune, sans chaleur. On ne peut même pas utiliser la salle à manger, puisqu'on a apporté notre propre repas.

1er novembre. Temps clair et de plus en plus sensiblement frisquet. Bus jusqu'au centre-ville, qui n'est pas où est la gare. Et le prochain bus pour la gare n'est pas pour tout de suite, pour changer. Donc visite du musée local, consacré à l'activité volcanique du coin, aux récentes éruptions et aux indicibles catastrophes évitées de justesse grâce aux héroïques responsables qui ont ordonné l'évacuation à temps. Puis bus jusqu'à la gare, et train jusqu'à Sapporo. On pose les bagages à la consigne, on déjeune dans un restaurant souterrain, et on part visiter, devinez quoi vu le nom de la ville, le musée de la bière Sapporo. Pas beaucoup d'indications en anglais, mais sympa quand même, avec une petite maquette animée style Disney pour nous monter le cycle de fabrication, du malt et du houblon jusqu'à l'embouteillage et la distribution. Évidemment, y'a un bar à la sortie, donc on déguste une Yebisu brune. Puis on migre vers l'auberge, qui redevient une vraie chouette auberge de jeunesse (elle se présente même comme backpackers, et c'est vrai qu'elle ressemble bien à ce que j'ai pu voir en Nouvelle-Zélande). Et on ressort juste pour manger de la viande grillée et boire un umeshu.

2 novembre. On a toute la journée à Sapporo, mais ça commence par de la pluie. Nous, on commence par la tour de télévision, d'où on a une vue panoramique sur la ville (la pluie s'est arrêtée entre temps). Je suis déprimé pour les pauvres hôtesses d'ascenseur qui répètent le même texte de la même voix monocorde en continu toute la journée, dont le contenu est essentiellement « bienvenue à la tour de télévision, d'où vous aurez une vue panoramique sur Sapporo, merci d'avoir pris cet ascenseur, attention on arrive », mais avec beaucoup de formes de politesse, que j'arrive même à peu près à reconnaître et à comprendre. Les pauvres. Bref, on admire, on redescend, on va voir la tour de l'horloge, dont l'horloge n'aurait selon la légende jamais manqué une heure depuis plus de 120 ans. Puis on cherche le marché des poissons dans l'espoir d'y trouver un restaurant à sashimi. Y'en a un, mais y'a exactement trois places, et y'a déjà trois clients. Donc le boui-boui d'en face, avec des sashimi sur un bol de riz et une coquille saint-jacques grillée. Miam.

L'après-midi, c'est pas folichon : on descend l'avenue Odori (litt. « grande rue »), qui est bien arborée donc avec de jolies couleurs. On serait bien allés prendre la télécabine pour monter sur la montagne avoisinante et avoir un panorama sur la ville, mais il se met à pleuvoir. Bien entendu, ça s'arrête dès qu'on a changé d'avis et marché suffisamment longtemps pour que ça ne vaille plus le coup d'y aller avant que ça ferme, donc grr. On cherche sans succès une salle d'arcade pour passer le temps, et on finit par rentrer à l'auberge (sauf Damien qui continue à chercher, et qui finit par trouver). Après le bain, on part dîner dans la ruelle des restaurants à ramen, puis on passe le début de la soirée dans la salle d'arcade. La fin de la soirée, c'est tranquille à l'auberge : lui cherche son itinéraire vers Tokyo du lendemain, moi je profite du canapé.

3 novembre. Damien se lève tôt, je lui serre la pince depuis mon lit et il s'en va affronter ses 10 heures de train. Je me lève un peu plus tard, je finis mon sac, et je commence une longue série de transports en commun qui devrait finir par me ramener chez moi : deux métros, un train express jusqu'à l'aéroport de Sapporo (à Chitose), un avion jusqu'à l'aéroport de Tokyo-Haneda, un monorail, un métro, un autre train express jusqu'à l'aéroport de Tokyo-Narita, un avion jusqu'à Roissy, deux TGV pour Montpellier via Lyon, et un tram jusqu'à Saint-Jean de Védas. Avec juste quelques courses dans les temps de correspondance. Normalement j'arrive chez moi le 4 novembre en début d'après-midi, pour attaquer les mails en retard, reprendre le boulot, et reporter le tri des photos à quand j'aurai le temps. Le bilan du voyage suivra un de ces jours.

C'était Roland, actuellement à Narita, un peu avant l'embarquement du vol vers Roissy.

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Posted mar. 04 nov. 2008 06:15:02 CET
Hakone, Tokyo, Nikko

24 octobre, soir. On a retrouvé l'izakaya, et on y a mangé (et bu) et c'était vachement bon. Même l'omelette au nattô, le nattô étant des graines de soja fermentées dont les Japonais font toute une histoire en disant que le goût est très fort et qu'il faut faire attention. Je me marre, et je me dis que les Japonais ne connaissent pas le fromage de chez nous.

25 octobre. On a une réservation pour Hakone le soir, mais comme aujourd'hui et demain le temps est plutôt clair le matin se couvrant dans l'après-midi, on décide de rester à Tokyo pour la matinée, et de migrer vers Hakone juste à temps pour arriver à l'auberge, et on fera la visite demain matin. Donc ce matin, on se balade entre Shinjuku, Harajuku et Shibuya, en galérant un peu parce que les quartiers de Shibuya et d'Harajuku sont inversés en vrai par rapport à ma mémoire. Mais on finit par arriver à Shibuya, on mange un okonomiyaki, on va voir la statue de Hachiko chien fidèle, et on repart vers Shinjuku en métro. On y récupère les bagages, on prend un train vers Hakone puis un bus vers notre auberge, qui se trouve être la même que celle d'il y a trois ans et qui était déjà très bien à l'époque. Soirée tranquille, parce qu'on a la flemme de ressortir dans un restau.

26 octobre. On innove : il y a dans la région d'Hakone un nouveau service très pratique. On laisse les gros bagages à l'auberge, et on les récupère plus tard dans la journée à la gare, ce qui permet de partir directement faire du tourisme avec juste les petits sacs à dos légers. Donc on fait le circuit apparemment normal du coin : le funiculaire jusqu'à Soun-zan, la télécabine jusqu'à Owaku-dani, l'autre télécabine pour redescendre jusqu'à Togendai, et le bateau pirate jusqu'à Moto-Hakone. À Owaku-dani, on fait la petite balade à pied entre les sources chaudes et soufrées (ça sent fort), mais on zappe les œufs noirs cette fois. On se rattrape en mangeant un (très bon) curry noir dans le restaurant à touristes. Et surtout, on voit le Fuji presque en entier, y'a juste quelques nuages qui traînent sur le dessus. On pourrait attendre que ça continue à se dégager, mais il fait pas chaud et on aussi des contraintes de temps, donc on ne le verra pas en entier aujourd'hui.

On retrouve nos bagages à l'endroit indiqué, puis on prend un train normal et un shinkansen pour retourner à Tokyo. On galère un peu pour trouver l'auberge de jeunesse pour ce soir : Magali a réservé, mais elle n'a pas noté l'adresse, qui n'est dans aucun de nos guides, on ne se souvient que de la station de métro. Donc, première pour moi mais apparemment c'est monnaie courante chez les autochtones, on demande dans un poste de police. J'ai commencé à prendre peur quand il a sorti sa loupe pour regarder de près ses cartes du quartier, mais en fait on était à deux pas donc ça s'est bien fini. On y restera quatre nuits (sauf Magali qui en sautera une).

27 octobre, la journée du musée Ghibli. C'est de l'autre côté de Tokyo, mais on y arrive vers 10 heures et demie, et c'est pas encore trop la foule. Manque de bol, les photos sont interdites à l'intérieur du musée, c'est assez frustrant. Mais c'est très joli, les moindres détails du bâtiment sont inspirés de l'un ou l'autre film du studio Ghibli, et y'a un énorme chat-bus en peluche d'un mètre de haut et trois de long dans lequel Damien serait allé jouer s'il n'était pas réservé aux écoliers. Et les écoliers ont fini par arriver, en nombre, et comme c'est l'usage ici ils sont particulièrement bruyants. On fait vite le tour du musée, qui n'est pas très grand, et de la boutique de souvenirs, qui est beaucoup trop petite, et qui le serait même si elle n'était pas surpeuplée comme elle l'est. Y'a vraiment pas grand-chose, c'est assez surprenant. Pour finir, on a droit à un petit court-métrage visiblement destiné aux enfants (et qui semble essayer de faire passer le message que les baleines c'est des gentils et que peut-être il faudrait arrêter de les tuer et de les manger, mais sans trop insister pour ne pas froisser les adultes).

On sort du musée, on mange un plateau-repas dans le parc attenant, et on rentre vers le centre de Tokyo pour faire les magasins (sans grand succès). Et on finit la journée dans un restaurant à Ginza, où on prend (tous en chœur) trois umeshu et trois shabu-shabu. Parce que ch'est bon ch'est bon.

28 octobre. Excursion à Nikko, une ville dans l'arrière-pays avec un passé glorieux pour les bouddhistes de l'obédience correspondante (Tendai). Son pont sacré où le fondateur a traversé la rivière sur le dos de trois serpents, ses temples dans un style plus chargé et moins austère que la plupart des autres qu'on a vus, ses cars de touristes Japonais, complets avec guide et photographe. Beaucoup, beaucoup de monde.

Là, séparation : Magali a décidé de passer la nuit à Nikko pour faire de la randonnée le lendemain, donc Damien et moi l'abandonnons et nous nous rentrons à Tokyo. On dîne dans un Mos Burger, avec (pour moi) une adaptation japonaise du hamburger classique : des morceaux de viande grillée (yakiniku) entre deux « tranches » de riz compressé. J'aime bien. Un rapide passage dans une salle d'arcade, et on rentre à l'auberge.

29 octobre. Journée shopping, avec des résultats plutôt mitigés encore (même chacun de son côté avec sa propre liste de courses). Je comprends toujours pas pourquoi les grands magasins sont organisés par marque et pas par type de ce qu'on cherche, on dirait que c'est fait exprès pour empêcher les gens de trouver. Quant à la rareté des magasins pour enfants, je veux bien la corréler avec la pyramide des âges locale, mais elle n'en est pas moins frustrante. Le moment le plus japonais de la journée a sans doute été pour moi celui du repas de midi, pris dans une cantine où les japonais entraient, achetaient leur ticket, mangeaient leur bol de nouilles et ressortaient en moins de cinq minutes. Personnellement, je ne pense pas être passé sous les dix minutes. Mais c'était bon.

On se retrouve tous les trois à l'auberge. On a vu une enseigne d'izakaya pas loin, mais comme on ne trouve pas l'entrée on se rabat sur le yakitori juste à côté, et finalement on en est très contents parce que c'est très bon. Et qu'ils ont de l'umeshu. Et comme c'est le dernier soir de Magali, qui rentre demain, on reprend un umeshu d'adieu pour la route.

30 octobre. Damien et moi faisons une bise à Magali, qui va passer une partie de la journée dans les magasins avant d'aller prendre son avion de retour, et nous dirigeons vers le grand nord, là où il fait froid. On nous parle d'hiver, on nous parle de neige, mais pour l'instant on est dans le shinkansen et les paysages ne sont pas encore blancs et on dirait qu'il a l'air de faire beau.

On verra en arrivant. La suite au prochain épisode.

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Posted sam. 01 nov. 2008 10:25:02 CET
Nagoya, Inuyama, Matsumoto, Tokyo

21 octobre. On a une une réservation pour trois nuits dans une auberge de jeunesse à Nagoya, donc c'est journée de liaison. Bus depuis l'AJ de Koya-san jusqu'à la gare de Koya-san, puis funiculaire pour descendre à Hashimoto, puis train Nankai jusqu'à Shin-Imamiya (Osaka), train JR (Osaka loop line) jusqu'à Osaka, puis train JR (Kyoto line) jusqu'à Shin-Osaka (l'équivalent de Osaka-TGV chez nous), puis Shinkansen jusqu'à Nagoya. On aurait pu faire beaucoup plus simple en restant chez Nankai, mais on a un JR Pass, pas un Nankai rail-pass. Bref. La routine habituelle : les bagages à la consigne, et on part en balade au musée de la famille Tokugawa, qui descend de Tokugawa Ieyasu, un des premiers shoguns, et qui a collectionné au fil des générations des tas de trucs dans son grenier, et qui a décidé de rendre tout ça public. Donc une vaste collection de services à thé de différents styles, quelques armes et armures, et assez peu de panonceaux explicatifs en anglais.

Comme la fatigue continue de se faire sentir, on récupère les bagages, on passe à l'auberge et au bain, et on sort dîner dans un super restau à viande grillée où on s'en met plein la panse pour une bouchée de pain. Et pour ne pas rentrer se coucher tout de suite, on fait un tour dans un Club Sega pour jeter quelques pièces dans des jeux vidéo.

22 octobre. Excursion à Inuyama. Un joli château, un petit musée avec un char de procession de 8 mètres de haut, et un autre petit musée consacré aux marionnettes locales. Et la ville est à peine moins déserte qu'en 2005, donc ça reste la misère pour trouver de quoi déjeuner. Et comme on a fait le tour des attractions touristiques, on rentre vers Nagoya en début d'après-midi, avec des objectifs différents : Magali veut faire des courses de fournitures à travaux manuels, Damien cherche des épées, et moi j'aimerais bien trouver un cybercafé pour envoyer les photos à la maison et faire un peu de place sur le portable pour les suivantes. Donc on se sépare, et seule Magali réussit sa mission : le seul cybercafé que j'ai trouvé ne veut pas me laisser me brancher avec mon propre ordinateur, et Damien ne trouve pas d'épée non plus. Entre-temps, on a aussi décidé de zapper l'excursion à Seki du lendemain, parce que finalement on n'est pas sûrs que ça en vaille la peine, donc on avance le programme d'un jour.

23 octobre. On arrive à réserver un ryokan à Matsumoto (l'auberge de jeunesse a apparemment fermé il y a plusieurs mois), et on prend le train. Matsumoto, voir octobre 2005, son très chouette château avec musée attenant consacré à la période de transition où les armes à feu ont été introduites dans le Japon des samouraïs. Une espèce de fascination pour les grenouilles, avec des sculptures un peu partout. Des cafés avec des terrasses (rareté). Et ses onsen, bains publics collés à des sources d'eau chaude naturelle. Y'en avait un juste à côté de l'auberge de jeunesse, mais comme on n'y est pas et pour des histoires d'horaires de bus on va à l'autre, qui est assez excentré. Au retour, on trouve un restaurant à trucs grillés (yakitori, légumes grillés etc.) avec une carte en pseudo-anglais, puis on se rentre.

24 octobre. On avait prévu d'aller à Hakone, mais vu le temps (il pleut) on s'est dit que ça ne servait à rien donc on vise plutôt Tokyo, quitte à décider éventuellement plus tard de faire Hakone en excursion dans la journée. Donc train jusqu'à Shinjuku (ouest de Tokyo), consignes, et on lâche Magali qui veut aller voir le musée Edo-Tokyo. En bons geeks, Damien et moi filons à Akihabara. C'est un peu moins impressionnant que dans mon souvenir. Toujours très actif voire oppressant avec les rabatteurs et les annonces hurlantes à tous les étages des magasins, mais ça m'a semblé s'être un peu dilué. Y'a toujours les petites arcades avec les petits stands qui vendent qui des diodes, qui des micro-caméras, qui des câbles, qui des connecteurs... Et Damien dégote des cartes mémoire pour pas cher du tout. On passe une heure dans un cybercafé, et on retourne vers le point de rendez-vous. On retrouve Magali exactement aussi en retard que nous (c'est-à-dire pas beaucoup), on reprend les sacs et on va vers l'auberge de jeunesse de Yoyogi, qui est toujours aussi vachement bien. Le bain fait du bien : curieusement (ou pas), j'ai des marques de bretelles sur les épaules. Il est 20 h, on va sortir dîner, en cherchant l'izakaya dont on s'était fait jeter avec Xavier parce qu'on ne voulait que prendre un apéritif.

Tant que j'y pense : si vous voulez une autre version de nos aventures, vous pouvez suivre sur le blog de Damien. En cas d'incohérence, c'est bien entendu moi qu'il faut croire, mais jusqu'à présent il n'a pas trop dit de bêtises (ou alors j'ai mal lu).

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Posted ven. 24 oct. 2008 13:05:03 CEST
Nara, Koya-san

Bin oui, je sais, ça fait trois jours que j'ai rien écrit ici. Je ne sais pas si c'est juste que je n'ai pas (encore ?) pris le rythme de 2005 ou si c'est parce qu'on est plusieurs, ou parce que mon PC portable est vraiment très lent, mais j'ai du mal à me mettre à taper des trucs. Ne soyez pas jaloux : j'ai aussi du mal à les écrire dans le journal papier.

Passons.

18 octobre. Train vers Nara, où on a réservé la nuit dans un ryokan qui n'est pas exactement la porte à côté depuis la gare. Enfin, si, depuis la gare Kintetsu, mais il se trouve qu'on a un JR Pass donc on voyage en train JR autant que possible, donc là on arrivait de la gare JR. Donc, c'est loin, et mes co-voyageurs traînent la patte (j'vous jure, ces amateurs qui ne savent pas préparer un sac dimensionné de manière adéquate pour leurs épaules...). On finit par y arriver, on y laisse les bagages, et on se met en quête de manger. Je suggère des okonomiyaki, notamment le petit restau à okonomiyaki de l'arcade commerçante (mes compagnons de 1998 et 2001 connaissent, mais pas celui de 2005, désolé Xavier). Il est toujours là, lui, même si c'est plus le petit papy de l'époque, et toujours aussi bon.

Une fois nourris, nous voilà partis pour la tournée classique de Nara, saupoudrée des habituels daims : Todai-ji (litt. « grand temple de l'est »), Daibutsu-den (« salle du grand Bouddha »), Kasuga-taisha (« grand sanctuaire de, euh, de Kasuga, cherchez donc les kanjis vous-mêmes »). De moins en moins vite au fil du temps, bicoze les petits pieds de Damien qui ont des ampoules (amateurs, chaussures neuves, tout ça). On se rentre au ryokan, mais vu les tarifs du dîner on ressort dans un restau à tempura, situé à deux pas. Puis, je sors prendre deux-trois photos du Kofuku-ji et de son reflet dans un bassin, et hop dodo.

19 octobre. Journée de liaison vers le mont Koya-san, qu'on visitera le lendemain. C'est un peu loin, on arrive en début d'après-midi, et le repas du soir dans le temple qui nous hébergera pour la nuit (Eiko-in) est à 17 h 30, donc ça fait journée de repos pour les blessés : petite balade pour Magali et moi, puis le bain, le dîner, et on se couche pas trop tard (20 h, mais tout le monde n'arrive pas à s'endormir aussi bien que moi) parce que le lendemain c'est réveil à 6 h pour assister à la cérémonie religieuse du matin.

20 octobre. Comme on a une réservation dans une auberge de jeunesse pour ce soir, on peut passer la journée à visiter sans se presser. Mais on se lève tôt quand même, pour la raison sus-citée. La cérémonie est plus vivante que celle à laquelle j'ai assisté en 2005 : les moines psalmodient et tapent du gong et des cymbales. Et à un moment, la cérémonie se lève et on change de salle, pour se mettre autour d'un genre de brasero où le moine empile du petit bois et du gros bois, met le feu à tout ça, et y ajoute de l'huile (probablement sacrée) et des graines de trucs inconnus. Pendant que son confrère psalmodie et tape sur son gros tambour taiko.

Au retour dans la chambre, le petit déjeuner est servi, donc on mange notre riz, notre soupe miso et nos algues et on est dehors à 8 h. On commence par l'immense cimetière autour du Okuno-in le matin, avec les tombeaux de plein de monde et quelques caveaux de sociétés (Nissan, Sharp, Glico, Komatsu, etc.). Y'a toujours une salle des lanternes avec plusieurs milliers de lanternes, elle est toujours aussi belle, mais vous n'aurez toujours pas de photos parce que c'est toujours interdit. Voilà.

On redescend du Okuno-in, et on se met en route vers l'autre bout de la ville, avec une pause dans une cantine à midi. On visite le temple central, résidence de l'abbé de la ville, avec un joli jardin sec et une tasse de thé offerte. Puis on continue, et on arrive à l'entrée ouest juste à temps pour voir le Dai-mon (« grand portail ») avant le coucher de soleil et le dernier bus de retour avant une heure et demie. Parce qu'on a de nouveau mal aux pieds (enfin, je dis « on », mais vous voyez de qui je veux parler, n'est-ce pas). On transvase donc nos bagages du temple d'hier soir à l'auberge de jeunesse de ce soir, et on trouve du wifi ouvert donc on geeke un peu. Il est 19 h 25, on va probablement pas tarder à aller dîner dehors.

Demain, normalement, on va à Nagoya. On sait pas encore comment, ni où on dort, mais on verra bien demain (je vais quand même essayer de faire une réservation à l'auberge de jeunesse).

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Posted lun. 20 oct. 2008 12:30:02 CEST
Kyoto-est

16 octobre. Comme j'ai passé la nuit à lutter contre le chaud, le froid et les rêves bizarres et fiévreux plutôt qu'à dormir, on reste à Kyoto, et on visite les temples de l'est de la ville : Kiyomizu-dera, Chion-in et Heian-jingu. Croisé deux mariages à Heian-jingu, dont un qui semblait organisé au millimètre près par des professionnels au costume impeccable, qui décoraient la mariée, l'habillaient, la retouchaient, la plaçaient, revenaient remettre un pli en place dans le kimono, le tout sous l'œil vigilant du photographe et du cameraman. Le marié était presque accessoire.

Le reste de la journée, shopping dans les arcades commerçantes, puis retour à l'auberge. En ce qui me concerne, je suis allé me coucher tôt, en espérant ne pas renouveler l'expérience de la nuit précédente.

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Posted ven. 17 oct. 2008 12:00:06 CEST
Hikone, son château, sa mascotte

17 octobre, j'ai passé une super nuit. Il fait beau, on a encore une journée à passer dans les environs de Kyoto, donc on file (vers 10h, le temps de se mettre en route) vers la gare. On achète des yens dans un DAB à côté de la gare, puis train vers Hikone, une ville sur le lac Biwa-ko, avec un château (Hikone-jo) et... son château. Apparemment, y'a que ça, et les gens ne demandent même pas où on va avant de nous indiquer que le château c'est par là.

Donc, visitons le château. Ah, non, le musée d'abord, nous dit-on. Un musée consacré aux passe-temps de la famille Ii, qui détient le château depuis de nombreuses générations : objets rituels pour la cérémonie du thé, armes et armures de soldats, costumes de théâtre nô, etc. Dommage que les sous-titres anglais soient très légers.

Puis, le château. Assez austère, avec des escaliers très très raides, à monter en chaussettes bien entendu (et avec les chaussures dans une poche à la main). Une vue à 360° sur les environs, dont le lac, mais c'est un peu gâché par une légère brume.

Mais surtout, la mascotte. Hikonyan, la mascotte de la ville. Une espèce de bestiole indéterminée, avec un casque de samurai rouge à cornes jaunes. Omniprésente. Dans les rues, sur les façades des bâtiments, sur les prospectus du château et du musée. Un bâtiment dans l'enceinte du château a une salle dédiée, avec des figurines en carton à taille humaine. Et surtout, le bonhomme déguisé. Qui pose pour la photo devant le château, avec trois assistants pour organiser la file d'attente et prendre les photos avec les appareils des visiteurs. Une merveille d'organisation japonaise. N'oublions pas la rengaine qui chantonne "Hikonyan, Hikonyan, Hikonyan-yan".

Puis retour à Kyoto, on lâche Magali pour faire des courses de papier traditionnel et de thé vert, et on va, Damien et moi, chez Bikku Kamera pour faire quelques emplettes (un pare-soleil pour mon nouvel objectif, et quelques jeux vidéo introuvables en France, ou pas au même prix, pour Damien).

On a même commencé à acheter des souvenirs pour des gens, hé hé hé. Que les fans de Hello Kitty se rassurent : on n'a pas encore trouvé de boutique spécialisée, mais leur tour ne saurait tarder.

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Posted ven. 17 oct. 2008 12:00:06 CEST
Nord-ouest de Kyoto

L'auberge d'Utano étant dans le nord-ouest de Kyoto, comme plusieurs temples et attractions touristiques, on en a profité pour faire la tournée : Ninna-ji, Ryoan-ji et Kinkaku-ji (pavillon d'or). Enfin, pas le dernier pour moi, parce que je l'ai déjà vu plein de fois et surtout j'étais crevé. J'étais crevé parce que je me suis levé tôt et que j'en ai profité à ce moment-là pour sortir faire des photos au petit matin.

Puis déménagement vers l'est de Kyoto, pour l'auberge de jeunesse qui sera la nôtre pour les trois prochaines nuitées : celle de Kiyomizu, proche du temple Kiyomizu-dera. Plus petite, plus familiale, plus conviviale, et on s'est fait entreprendre par trois Japonaises en vacances qui ont voulu tout savoir sur où on était allés, où on irait après, etc. Et qui m'ont augmenté le coefficient d'immersion et fait prendre conscience que oui, j'ai vraiment oublié le plus gros de ce que j'ai pu savoir en japonais. Notamment, que momiji, c'est pas n'importe quelles feuilles rouges à l'automne, mais exclusivement les feuilles rouges à l'automne de l'érable du Japon. Dont acte.

Demain, normalement : excursion vers Hikone, sur le lac Biwa-ko.

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Posted mer. 15 oct. 2008 15:05:02 CEST
Approuvé, pas approuvé
  • Approuvé : les frigos pif-paf, ou main gauche-main-droite. Épatant.

  • Pas approuvé : la chaussette en plastique pour appareil photo. C'est pas vraiment pratique.

  • Approuvé : l'auberge de jeunesse d'Utano, nouvellement refaite. Très chouette.

  • Pas approuvé : le téléchargement des images brutes sur de l'USB 1.1. C'est long comme un jour sans pain.

  • Approuvé : le melon au lait.

  • En demi-teinte : la lumière du matin. C'est vrai qu'elle est belle, mais elle est trop matinale pour les jours où on est dans un rythme normal.

  • Approuvé : le wifi ouvert à Utano.

  • Approuvé : les vacances !

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Posted mer. 15 oct. 2008 01:25:01 CEST
Jours 0 et 1 : de Paris à Kyoto

On est partis ! Et même, on est arrivés ! RER sans encombre, un vol tranquille (note pour plus tard : l'eau-de-vie de quetsche, ça aide pas tant que ça à dormir mais ça fait quand même mal aux cheveux). Arrivés sous la pluie à Osaka, pris nos JR Pass, puis un train jusqu'à Kyoto. Les bagages à la consigne, il pleut encore, donc on se balade dans la galerie marchande de la gare, puis on va visiter le Nishi Hongan-ji. Puis, crevés (on a bêtement oublié nos horloges biologiques en France), on prend le bus de 50 minutes jusqu'à l'auberge de jeunesse d'Utano. La bonne nouvelle, c'est qu'elle a été refaite depuis 2005, et qu'elle est vraiment chouette maintenant. L'autre bonne nouvelle, c'est que le bain est ouvert, donc on en profite pour se délasser un peu.

Fin du prologue. Demain, on attaque les choses sérieuses. On sait pas encore quoi...

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Posted mar. 14 oct. 2008 00:00:00 CEST
Japon, saison 4

Trop longtemps sans voyager. Trop de boulot, besoin de faire une pause, de me changer les idées. Besoin de temps pour prendre le temps de regarder autour de moi. Besoin de rouvrir les yeux, de rouvrir le cerveau sur autre chose que le train-train. De me retrouver de nouveau étranger dans une contrée lointaine, de profiter de l'immense liberté que cela procure.

Envie de regarder à travers un viseur d'appareil photo, pas juste d'y jeter un œil avant d'appuyer. Envie de retourner réussir, cette fois, les images ratées (ou pas assez réussies) la dernière. Maintenant que j'ai quelques notions de ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter. Maintenant que j'ai plein de pixels et que je sais à peu près leur faire faire ce que je veux.

Curiosité aussi, pour essayer de voir des choses à côté desquelles je suis probablement déjà passé sans les remarquer. Ou qui étaient juste une rue plus loin, juste une heure plus tôt, juste pas exactement. Je veux en voir plus. Plus divers. Plus riche, plus profond, plus vrai. Ou pas vrai, peu importe, tant que je le sais.

Je veux boire du Pocari Sweat et du CC Lemon, manger des boulettes de riz dans de l'algue grillée avec une canette de café au lait brûlant, schlorper des nouilles dans du bouillon, prendre un bain, si possible sous la neige, après la douche, me noyer les narines, me perdre dans la foule, m'asseoir dans un temple au petit matin, dériver dans des gares, rien comprendre aux panneaux, rassurer les gens qui ont eu un moment peur de moi, je veux être à la fois là et en-dehors. Mais pas ailleurs. Là.

Je sais, j'avais dit que je changerais. Que ça suffisait, que le monde était trop vaste, qu'il restait tant à voir ailleurs... J'avais même commencé à réfléchir, à pituler, à supposer, à envisager... Mais j'ai craqué. J'ai pas craqué seul, mais j'ai craqué. Et j'y retourne, avec ceux qui m'ont fait craquer.

Bienvenue au Japon, saison 2008. Quatrième saison.

On part lundi, avec Damien et Magali.

Y'aura des photos du jour, y'aura un récit de nos aventures, y'aura des souvenirs si vous êtes sages, et y'aura des soirées photos pendant l'hiver. Avec un reportage détaillé sur les boulettes de riz emballées dans de l'algue sans la toucher.

C'est le moment de commencer mes bagages.

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Posted ven. 10 oct. 2008 23:00:03 CEST
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