Le billet d'aujourd'hui aurait dû être publié il y a fort longtemps, mais je n'avais jamais pris le temps de l'écrire, et je voulais continuer mes recherches avant de faire des affirmations péremptoires.
Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine... il y avait un élève ingénieur, parti pour six mois dans le très lointain Japon pour son stage de troisième année. Un de ses premiers achats, après l'indispensable dictionnaire électronique, a été un appareil photo.
À l'époque, le petit monde de la photo commençait à bouger un peu après quelques années de stagnation au format 24×36 : l'APS venait d'apparaître, et commençait à se répandre, avec son flot de promesses. Trois formats d'image, la possibilité d'interrompre une pellicule en cours, de la rembobiner, et de la reprendre automatiquement plus tard, les informations de prise de vue stockées sur la pellicule et récupérables plus tard, la possibilité de sélectionner au moment de la prise de vue le nombre de tirages, etc. Notre stagiaire (appelons-le Roland, ça m'évitera de m'embrouiller avec la troisième personne) s'est donc acheté un appareil photo compact APS.
Là, je vous entends rigoler. Pourquoi pas un numérique ? Parce qu'à l'époque le numérique, bien que n'étant plus exactement de la science-fiction, c'était pas exactement bien rodé. Quand je dis « Il y a bien longtemps », c'était en 1998. Le mégapixel était un terme barbare réservé aux plus enthousiastes, et on peut difficilement se permettre d'être enthousiaste à ce point quand on est payé comme un stagiaire (même si c'était très raisonnable). Alors que, me disais-je, certes l'APS est encore un peu cher, mais au Japon ça restait dans mes prix, et ça allait baisser en France le temps que j'y retourne, n'oublions pas que c'était encore récent.
Bref, j'ai mon compact APS, je prends des photos, je les fais tirer, je suis content. De retour en France, je grince un peu des dents parce que les tirages sont chers, mais bon, entre-temps je suis devenu ingénieur grassement payé et ça passe. Je râle un peu aussi contre les labos photos qui m'impriment au dos de la photo la date du tirage dont je n'ai que faire, plutôt que la date de prise de vue comme je leur demande, et je leur fais retirer plusieurs films jusqu'à ce qu'ils comprennent, mais ça passe aussi. Comme le temps.
Arrive 2005, l'année du tour du monde, et là il n'est plus question de continuer en APS. Trop cher, pas pratique, et surtout zut quoi, je suis un geek, je fais du numérique un point c'est tout. Donc je m'achète [[un appareil photo numérique|2005/05/21/blogs-capoeira-et-glace-vanille]], et je pars en voyage. Et je commence à me servir de plus en plus de F-Spot, un super logiciel pour trier, organiser, rechercher et publier des photos. Numériques. Je commence à me dire que c'est dommage que mes centaines de tirages APS restent dans des tiroirs, ce serait plus sympa si j'en disposais sous une forme plus malléable.
Je commence donc à me renseigner sur les moyens de faire numériser ma trentaine de cartouches APS. Apparemment, les labos photo peuvent le faire, ou plus précisément peuvent le faire faire, mais sans trop savoir comment ça marche. Or, il se trouve que je suis pointilleux, et que pour organiser mes photos, j'ai besoin de récupérer pas seulement les données (l'image) mais aussi les méta-données (les informations de prise de vue).
J'explique. Une pellicule APS est emballée dans une cartouche, dont elle ne sort que quand c'est nécessaire (en gros, dans un appareil photo ou dans un labo). Cette pellicule est constituée d'un film photographique classique, où vient s'impressionner l'image, et d'une zone sur laquelle sont stockées les fameuses méta-données : le format de tirage et le nombre de tirages demandés, la date de prise de vue, et des informations comme le temps de pose, l'ouverture, la focale, etc. Ces informations sont utiles lors du tirage, car elles permettent au laboratoire d'adapter les paramètres de développement pour obtenir des photos passables même si elles ont été prises dans de mauvaises conditions. Elles sont surtout utiles au photographe, lorsqu'il s'agit d'organiser les photos après coup.
Or, et c'est là le problème, apparemment personne ne sait lire ces zones de données. Ou en tout cas, je n'ai trouvé aucun labo photo qui m'ait dit savoir le faire. C'est très frustrant, parce que je sais que les infos sont là, je sais qu'il est possible d'y accéder (ne serait-ce que parce que j'ai la date de prise de vue au dos de l'image, et que les tirages sont effectivement panoramiques sur les paysages), mais que personne ne sait me les extraire sous forme numérique.
Mais, je ne me laisse pas abattre pour si peu ! Après tout, j'ai des super-pouvoirs de geek (j'ai même un slip rouge de super-héros quelque part dans un carton, je crois), je vais pas me laisser faire. Je sors donc mes tournevis, et je regarde comment c'est goupillé dans ces cartouches qui ne sont pas censées être ouvertes par des non-professionnels. Hahaha, victoire ! Y'a des trucs qui ressemblent furieusement à des codes-barres sur le bord de la pellicule. Peut-être que les informations sont codées là-dedans ?
Je commence donc à chercher à décrypter le code. Je prends une pellicule, je recopie les 40 codes sur un bout de papier, et je mets ça en correspondance avec les infos que je connais sur les photos, en espérant repérer des motifs. Hm, tiens, cette zone du code semble bouger pas mal, alors que celle-ci, non. Voyons, voyons... Oh tiens, on dirait que c'est du binaire...
Victoire derechef ! Ou plutôt, demi-victoire. J'ai décodé le code-barre, et devinez ce qui s'y trouve ? Le numéro de la photo sur la pellicule. Super, hein ? Retour à la case départ.
Mes recherches semblent indiquer que les méta-données, à l'instar de la Licorne Rose Invisible, sont bien là, mais sur une piste magnétique qu'on ne voit pas. Qu'elle est cachée. Transparente. Et que donc, même si j'étais motivé pour passer quelques soirées à observer des pellicules de très près avec une loupe, je ne pourrais probablement pas récupérer la moindre donnée intéressante tout seul.
Avant que je me résigne à faire numériser les images et à remettre à la main les dates de prise de vue (puisque fort heureusement j'ai cette information, même si c'est sur papier), j'envoie donc cette bouteille à la mer : je cherche un labo photo, ou quelqu'un qui connaît, ou quelqu'un qui a le matériel, capable de me ressortir ces méta-données sous une forme traitable par informatique, de préférence dans les données EXIF des images numériques résultantes. Au pire, je me contenterai de la simple date de prise de vue. Si quelqu'un a ça, je lui serai très reconnaissant de me filer les contacts.
J'en profite pour faire un peu de pub pour le site Formats ouverts, dont l'auteur principal m'a incité à décrire ces soucis de formats. Dans mon cas, le problème n'est pas très grave, ce ne sont que quelques (centaines de) photos et je n'en dépends pas pour mon métier, mais des problèmes similaires se présentent régulièrement à toutes les personnes qui utilisent des formats bizarres, et qui se retrouvent le bec dans l'eau après quelques années sans pouvoir récupérer leurs données ; ce site en décrit quelques-uns.
En attendant, je suis bien content d'avoir des appareils photos qui stockent les méta-données dans un format connu (EXIF).
Posted Fri 13 Apr 2007 00:00:00 CESTBon, ça fait presque un an que je suis revenu de mon joyeux périple, pourquoi est-ce que je remets un article dans cette catégorie ? Eh bien simplement pour signaler que j'ai (enfin) mis en ligne un paquet de photos prises pendant le voyage. J'ai opté pour le petit paquet et non le gros, pour deux raisons : d'abord, parce que ça m'aurait pris beaucoup plus de temps pour mettre des légendes, même succintes, sur 601 photos que ça m'en a pris pour 198 ; ensuite, parce que ça me permet d'inciter les amis à venir voir les autres, avec des explications plus détaillées.
Sans plus attendre, voici : ça se passe sur l'album Sélection 198 de la Galerie du Placard. Si ça peut apporter un peu de dépaysement en ces mornes temps d'automne... profitez-en !
Posted Mon 23 Oct 2006 00:00:00 CESTOn me signale que je suis en train de devenir une star, et que mon site est mentionné sur le site web de Piste d'azur. Pour les personnes qui nous rejoignent en provenance de là-bas, bienvenue chez moi. Je parle ici un peu de tout, donc peut-être que vous serez plus intéressés par les articles qui parlent de cirque, ou le récit de mon [[tour du monde|categories/le-world-tour-2005]], que par le reste. C'est vous qui voyez.
En passant, j'étais le week-end dernier à Londres pour aller voir le spectacle Alegria du Cirque du Soleil, et c'était vachement bien. Les quelques photos que j'ai prises montrent plus Londres que le spectacle en lui-même, mais c'est normal, il ne faut pas prendre de photos pendant un spectacle de cirque. Parce qu'il fait en général sombre, donc le flash se déclenche, donc il peut éblouir les artistes, donc c'est dangereux. Il y a quand même une photo du Royal Albert Hall, où avait lieu le spectacle (superbe salle, soit dit en passant).
Oui, je sais, il faut encore que je mette en ligne les photos de mon tour du monde, aussi. Y'a déjà les photos du jour, certes, mais c'est pas tout. Pour info, j'ai déjà fait deux sélections d'images (une de 200 photos, et une de 600). Il faut que je décide laquelle je mets sur le web et laquelle je garde pour les diaporamas privés, que je mette des légendes sur celle qui ira en ligne, et que je clique sur les bons boutons pour montrer au monde ébahi ce que je faisais fin 2005. Un jour. Bientôt.
Posted Tue 24 Jan 2006 00:00:00 CET26 novembre. Arrivé à Osaka, trois heures à perdre. Profité un peu du wifi et des prises de courant dans l'aérogare, puis posé sur un siège pour attendre l'embarquement (et réveillé juste à temps, ouf). Vol sans histoire jusqu'à Roissy, mais la campagne est neigeuse en arrivant. Et il fait froid à Paris. Je squatte chez Thomas, qui a fait la fête la veille au soir, donc on se couche tôt d'un commun accord.
27 novembre. RER, Orlyval, avion vers Nice. En arrivant, je me refais un troisième coup d'effet chapeau (les douaniers adorent mon chapeau), mais Xavier et Gaby ne s'impatientent pas et me ramènent chez moi. Plus qu'à se remettre dans le train-train du boulot, de la jonglerie, renouer le contact avec les clients, faire une ou deux lessives, ce genre de choses.
Prochain tour du monde : la date n'est pas encore fixée, mais j'ai déjà plein d'idées, et pas mal de notes pour éviter les pièges de ce voyage-ci. Quand je serai riche et que j'aurai de nouveau plein de vacances...
Cette rubrique du blog touche donc à sa fin. Il y aura peut-être encore un ou deux messages pour signaler quand j'aurai mis en ligne une partie plus significative des photos, mais il y en a environ 3200 donc vous devrez me laisser un peu de temps pour faire du tri.
Merci aux voyageurs qui m'ont accompagné et à ceux que j'ai rencontrés sur place... et vivement le prochain tour du monde !
Posted Fri 02 Dec 2005 00:00:00 CET24 novembre. Matinée tranquille, puis bus et marche vers l'anse Kuendu pour la troisième fois. Cette fois, j'ai rendez-vous, donc j'ai confiance. J'arrive très en avance, mais après avoir patienté sous une hutte au bord de l'eau, je commence mon baptême de plongée. C'est au départ de la plage parce que le bateau n'est pas disponible, mais c'est très sympa, et on voit des jolies choses même sans trop s'éloigner du bord de l'eau. Puis rentré à l'auberge pour la fin d'après-midi et la soirée.
Demain : rien de prévu.
Posted Sat 26 Nov 2005 00:00:00 CET25 novembre (coucou Maman, coucou Papa). Après avoir fermé mon bagage et fait un peu de couture pour réparer une bretelle de salopette qui n'a pas résisté à la dernière lessive, je descends en ville, et je me dirige (à pied) vers la baie des Citrons, où je me pose dans un restaurant pour manger une assiette de dégustation de poissons du Pacifique (pas mauvaise) et un Irish coffee (depuis le temps que j'avais envie de goûter ça). Puis direction l'anse Vata, pour regarder le dernier jour de la coupe du monde de kite-surf. Ça a l'air intéressant comme sport, il faudra que j'essaie un jour. Du coup, l'appareil photo est en mode rafale, et prend beaucoup de photos (on triera à la maison). Rentré à l'auberge en fin d'après-midi, douché, puis passé la soirée à discuter en attendant la navette vers l'aéroport qui vient me prendre à 21h45.
Cette nuit et demain : avions jusqu'à Osaka puis Roissy.
Posted Sat 26 Nov 2005 00:00:00 CET23 novembre. Levé à 5h (dur) pour un début d'embarquement à 6h pour un départ à 7h. Sur le Betico (prononcer « bétitcho »), catamaran rapide qui assure la liaison de Nouméa à l'Île des Pins trois fois par semaine. Arrivé à 9h15, en même temps que les premiers bateaux-bus qui vont passer la journée à faire la navette entre le paquebot de croisière et le débarcadère. Du coup, les plages paradisiaques de sable blanc bordées de cocotiers sont un peu envahies de touristes, et ça sent plus la crème solaire que l'air marin, mais bon. Je m'échappe pour faire l'ascension du pic N'ga, 262m. Le Lonely Planet dit que la montée se fait en trois quarts d'heure. C'est vrai, mais ça paraît plus long (surtout quand on est sur le côté que la crête protège du vent et que le nuage bouge de devant le soleil). La vue d'en haut justifie l'effort, quand même. Redescendu, mangé un sandwich, puis fait le tour de la péninsule de Kuto en longeant la mer sur un petit sentier pas toujours très facile. Et comme il me restait du temps avant de remonter sur le Betico, je me suis fait balader au-dessus du récif dans un bateau à fond de verre. Retour à Nouméa passé 19h, donc à la nuit.
Demain : plongée, normalement.
Posted Thu 24 Nov 2005 00:00:00 CET22 novembre. Grasse matinée, fin de matinée tranquille, puis direction le Kuendu Beach. Quand j'arrive, je croise les gens du centre de plongée, en train de partir en voiture. Mais comme ils me promettent qu'ils reviennent bientôt, je patiente. Effectivement, ils sont de retour pas longtemps après. Mais le bateau est en cours d'amélioration, donc non utilisable cette semaine. On peut donc faire le baptême de plongée depuis la plage, mais uniquement à marée haute. Rendez-vous est donc pris pour jeudi, puisque mercredi est la journée à l'île des Pins. Ça fait donc un deuxième aller-retour pour rien, mais c'est pas grave. L'après-midi, je me balade un peu dans Nouméa avant de rentrer à l'auberge profiter de la fin d'après-midi sur la terrasse.
Demain : île des Pins.
Posted Thu 24 Nov 2005 00:00:00 CET19 novembre. Levé tôt, pris le bus vers Auckland. Probablement des jolis paysages, mais j'ai comaté tout du long, donc je n'ai rien vu. Arrivé en ville, posé mon sac au Base Backpackers (une grande auberge de jeunesse, bien organisée comme le Generator de Londres, mais dans un style différent). Parti me balader en ville. Contrairement à la dernière fois, je pars dans les petites rues, pas juste dans les arcades commerçantes. Du coup, l'ambiance est plus sympathique (mais ça reste grande ville). J'en profite pour trouver un cybercafé rapide et pas cher pour synchroniser le portable avec le reste du monde, puisque je retourne en Nouvelle-Calédonie demain. Soirée au First Base, le bar/boîte de l'auberge (deux étages en-dessous de la chambre, mais inaudible), douche, et au lit.
Programme pour demain : me lever, faire mon sac à dos, et prendre le bus vers l'aéroport dans la rue devant l'auberge. J'ai même déjà réservé pour la nuit à Nouméa.
Posted Tue 22 Nov 2005 00:00:00 CET21 novembre. Après avoir jeté un œil sur les divers prospectus affichés à l'auberge, je décide d'aller au centre de plongée du "Kuendu Beach Resort" (non sans avoir pris un petit déjeuner dans un café au préalable). Je prends donc un bus n°1 à destination de Kuendu Beach, mais il s'arrête avant, pour des raisons que je n'ai pas bien comprises. Je finis donc à pied (20 minutes au soleil, mais c'est supportable). Et je m'aperçois en arrivant que le centre de plongée est fermé le lundi. Pas de bol, le snack du coin n'est pas encore ouvert, donc je ne peux même pas acheter une boisson fraîche avant de repartir. Bref. Je reprends le bus n°1 vers presque l'autre bout de la ligne, sur l'anse Vata. Je prends quelques renseignements pour l'après-midi, puis je vais manger des spaghettis bolognaise industriels sur une terrasse. Après un bref détour pour regarder cinq minutes la coupe du monde de kite-surf, je retourne vers mon objectif de l'après-midi, et je loue une planche à voile. Vent suffisant mais pas trop fort, pas de vagues, eau chaude, planche très large donc très stable : bonnes conditions pour s'y remettre. Mais l'entraînement manque, et je m'arrête au bout d'une heure avec mal aux mains. Rentré en centre-ville, passé faire quelques courses, puis retourné finir le bouquin à l'auberge. Bilan : j'ai pas fait ce que j'avais prévu, mais la planche faisait partie des objectifs du séjour (vu que je l'avais raté en Nouvelle-Zélande).
Plans pour le 22 : deuxième tentative de baptême de plongée. J'ai bon espoir.
Posted Tue 22 Nov 2005 00:00:00 CET