(Ceci est juste un résumé en français de l'annonce complète en anglais.)
Au début, il y avait SourceForge, un logiciel libre développé par une boîte qui s'appelait (à l'époque) VA Linux Systems. Ce logiciel était utilisé par plein de gens, et développé de manière plus ou moins collaborative. Un jour, VA Linux Systems a décidé que les nouvelles versions de SourceForge (à partir de la version 3) ne seraient plus libres (et qu'elles s'appelleraient Sourceforge Enterprise Edition). Plusieurs personnes sont donc parties avec la dernière version libre (celle qui aurait pu devenir la version 2.6), avec dans l'idée de maintenir ce code.
Il y a donc eu GForge, un logiciel libre développé entre autres par une boîte qui s'appelle le GForge Group. Ce logiciel était utilisé par plein de gens, et développé de manière collaborative, notamment par votre serviteur. Un jour, le GForge Group a décidé que les nouvelles versions de GForge (à partir de la version 5) ne seraient plus libres (et qu'elles s'appelleraient GForge Advanced Server). Mais comme l'hébergement du projet était maintenu ouvert, les versions 4.x ont pu être maintenues de manière libre et collaborative.
Pendant ce temps, l'appellation "GForge Advanced Server" s'est faite de plus en plus rare, et des noms plus équivoques sont apparus : "GForge AS", "GForge Express Edition" (ou "GForge EE") et, plus récemment, "GForge Community Edition", aucun de ces logiciels n'étant libre (même si certains sont disponibles en téléchargement gratuit et qu'on peut même jeter un œil aux sources).
Comme cette ambiguïté prêtait à confusion (certains utilisateurs ont installé une version propriétaire en croyant installer un logiciel libre), les principaux développeurs de la version libre de GForge (Christian Bayle, Alain Peyrat et moi-même) ont décidé de... partir avec le code, et de renommer le projet de développement et de maintenance de ce code libre.
Le résultat s'appelle FusionForge, et il est hébergé sur FusionForge.org. Nous avons plein d'idées, mais un des buts majeurs (qui a justifié le nom) est que nous allons chercher à réintégrer dans le code commun des fonctionnalités qui ont été développées localement par des utilisateurs mais non publiées. Ça tombe bien, nous sommes déjà en relation avec plusieurs de ces utilisateurs institutionnels qui semblent intéressés par cette convergence.
Posted Sun 25 Jan 2009 20:50:02 CETJ'ai l'immense honneur de figurer dans les pages de l'illustre magazine 01 Informatique de cette semaine, dans un encadré en marge d'un article sur les forges déclenché par une actualité (Sun a sorti une forge). Wouhou, c'est la gloire, je suis devenu un people et les statistiques de fréquentation de mon site pro autant que de ce blog vont exploser, et je vais être courtisé par les décideurs qui lisent 01 !
Je saisis donc l'occasion pour apporter quelques rectifications à cet article de Yann Serra.
- Ne vous fiez pas au titre de l'encadré (« 2 questions à Roland Mas »), ni aux guillemets : il ne s'agit pas de questions qui m'ont été posées, ni encore moins de citations de mes réponses.
- Apparemment je n'ai pas assez insisté lors de l'entretien téléphonique sur le fait qu'une forge est une plate-forme collaborative, pas juste un site de téléchargement. Du coup, la première question perd tout son sens (ce qui explique que la « réponse » supposée soit confuse.
- Sur la deuxième « question »... la réponse qui m'est attribuée ne répond pas à la question, et pour cause : Sun n'a jusqu'à présent fait que des annonces sur ce qui différencie Kenai des autres forges. “We're more than just a forge”, mais on ne sait pas quoi. “More about these features will be revealed as we get closer to their availability.” Difficile donc de juger sans savoir.
- Je n'ai pas non plus assez insisté sur l'aspect Ruby, visiblement.
Ma position là-dessus est que les choix d'implémentation de Kenai
n'ont pas la moindre espèce d'importance sur le succès de la forge
kenai.comtant qu'elle est uniquement hébergée par Sun. Ce serait du Cobol ou de l'Intercal que ça ne changerait rien. Ils ne deviendront pertinents que si le logiciel Kenai est publié sous une licence libre, parce qu'ils constitueront, ou non, des barrières à l'entrée pour des contributeurs potentiels qui feront vivre la communauté.
Je ne crache pas sur le journaliste, ç'aurait pu être bien pire. Je suis juste déçu que mes propos aient été complètement réinterprétés, et je déplore ouvertement que l'article laisse entendre que Sun ait relancé une quelconque bataille, alors que pour l'instant rien ne différencie dans le bon sens Kenai d'une autre forge.
Mais bon, je suis un people, il faut que je m'y habitue, pour être préparé le jour où on me fiancera à Grace Kelly ou à la Castafiore. En attendant, vous pouvez trouver des paquets Debian de GForge sur http://people.debian.org/~lolando/. Avec les autres people.
Posted Thu 02 Oct 2008 15:19:41 CESTVoici quelques nouvelles de GForge en français, pour changer, parce qu'il y a visiblement un fort contingent d'utilisateurs francophones de GForge. Si le blabla ne vous intéresse pas, sautez quelques paragraphes, y'a une annonce qui peut vous intéresser.
Je m'en doutais un peu à vrai dire : je savais déjà qu'il y avait des instances de GForge en usage dans un certain nombre d'entreprises et d'administrations françaises. Je déplorais d'ailleurs que ces usages soient privés, voire secrets... On n'en entendait parler que par la bande, au détour d'une conversation. Et chacun avait ses bricolages locaux, et ses améliorations personnelles, dont personne ne profitait.
Heureusement, les différents utilisateurs francophones de GForge (de forges en général) ont fini par plus ou moins se retrouver, et des discussions ont commencé sur la liste Picolibre Forges. On s'aperçoit donc que de nombreux utilisateurs existent, qu'ils ont souvent des besoins communs, et que certains ont même déjà des solutions à apporter à certains de ces besoins. Il se pourrait bien que ces utilisateurs (et ces développeurs) se mettent à communiquer et à relancer une vraie dynamique de communauté autour de GForge (pour l'instant, il y a une poignée de développeurs, et quelques utilisateurs qui ne communiquent pas, donc j'hésite à appeler ça une communauté). Quelques-uns de ces utilisateurs et moi-même nous sommes rencontrés à la conférence Qualipso la semaine dernière, normalement nous devrions nous retrouver au salon Solutions Linux la semaine prochaine, et une réunion spéciale forges est même organisée après ça. Donc, ça prend forme.
Concrètement, ce que j'espère principalement est que les modifications de chacun seront partagées, de sorte qu'elles puissent être intégrées au cœur de GForge, et portées sur une version plus récente (puisque l'immense majorité des utilisateurs actuels sont basés sur une version 4.5.x patchée). Le « tronc » Subversion de GForge devrait donc intégrer, dans un futur que j'espère pas trop lointain, les évolutions suivantes :
Intégration du bug-tracker Mantis : au moins deux (et vraisemblablement trois) entités ont déjà réalisé cette intégration, et j'essaie de récupérer les patches pour que tout le monde en profite. Pourquoi tout le monde se focalise sur l'intégration d'un nouveau tracker au lieu d'exploiter la flexibilité de celui de GForge pour l'étendre, ça me dépasse, mais je ne suis pas là pour juger. De même, je trouve vraiment dommage que ce développement ait été fait deux ou trois fois de manière indépendante et sans concertation. Vous avez dit gaspillage de temps humain ?
Ajout d'un système d'intégration continue (on me dit « Maven »). Là encore, normalement ça a déjà été fait, il ne devrait plus rester qu'à publier les patches et les porter vers l'état actuel du code.
C'est peut-être lié à l'item précédent (je manque de détails), mais on devrait aussi voir apparaître une intégration dans GForge d'un système de tests automatisés.
...et je ne doute pas que d'autres utilisateurs, qui ont eux aussi ajouté leurs propres fonctionnalités sans rien dire à personne, vont aussi se révéler au grand jour et collaborer avec la communauté (n'est-ce pas ?). Peut-être même que des gens vont remettre au goût du jour l'empaquetage RPM, abandonné depuis plusieurs années.
Histoire de ne pas être en reste, je fais ici l'annonce publique
suivante : le plugin Mediawiki pour GForge est enfin publié. Ce
plugin fait suite à une intégration faite « avec des contraintes de
temps assez serrées » (comprendre « un peu à l'arrache ») pour un
client, et à une autre intégration faite plus proprement pour un autre
client. Le dépôt SVN de gforge.org contient donc présentement le
code qui va bien, et la prochaine version des paquets Debian qui
seront publiés fournira un nouveau paquet binaire appelé
gforge-plugin-mediawiki. Je dispose également d'une version du
plugin pour GForge 4.5.x, mais comme Mediawiki nécessite PHP 5, il
faut également extraire de ma branche client la conversion
PHP 4 → PHP 5 de GForge 4.5 (et en retirer les fonctionnalités
réellement spécifiques au client), ce qui explique que ce n'est pas
encore publié sur mon dépôt APT (ni déployé sur Alioth). J'y
travaille, promis.