J'ai l'immense honneur de figurer dans les pages de l'illustre magazine 01 Informatique de cette semaine, dans un encadré en marge d'un article sur les forges déclenché par une actualité (Sun a sorti une forge). Wouhou, c'est la gloire, je suis devenu un people et les statistiques de fréquentation de mon site pro autant que de ce blog vont exploser, et je vais être courtisé par les décideurs qui lisent 01 !
Je saisis donc l'occasion pour apporter quelques rectifications à cet article de Yann Serra.
- Ne vous fiez pas au titre de l'encadré (« 2 questions à Roland Mas »), ni aux guillemets : il ne s'agit pas de questions qui m'ont été posées, ni encore moins de citations de mes réponses.
- Apparemment je n'ai pas assez insisté lors de l'entretien téléphonique sur le fait qu'une forge est une plate-forme collaborative, pas juste un site de téléchargement. Du coup, la première question perd tout son sens (ce qui explique que la « réponse » supposée soit confuse.
- Sur la deuxième « question »... la réponse qui m'est attribuée ne répond pas à la question, et pour cause : Sun n'a jusqu'à présent fait que des annonces sur ce qui différencie Kenai des autres forges. “We're more than just a forge”, mais on ne sait pas quoi. “More about these features will be revealed as we get closer to their availability.” Difficile donc de juger sans savoir.
- Je n'ai pas non plus assez insisté sur l'aspect Ruby, visiblement.
Ma position là-dessus est que les choix d'implémentation de Kenai
n'ont pas la moindre espèce d'importance sur le succès de la forge
kenai.comtant qu'elle est uniquement hébergée par Sun. Ce serait du Cobol ou de l'Intercal que ça ne changerait rien. Ils ne deviendront pertinents que si le logiciel Kenai est publié sous une licence libre, parce qu'ils constitueront, ou non, des barrières à l'entrée pour des contributeurs potentiels qui feront vivre la communauté.
Je ne crache pas sur le journaliste, ç'aurait pu être bien pire. Je suis juste déçu que mes propos aient été complètement réinterprétés, et je déplore ouvertement que l'article laisse entendre que Sun ait relancé une quelconque bataille, alors que pour l'instant rien ne différencie dans le bon sens Kenai d'une autre forge.
Mais bon, je suis un people, il faut que je m'y habitue, pour être préparé le jour où on me fiancera à Grace Kelly ou à la Castafiore. En attendant, vous pouvez trouver des paquets Debian de GForge sur http://people.debian.org/~lolando/. Avec les autres people.
Posted jeu. 02 oct. 2008 15:19:41 CESTDeuxième partie de ce « HOWTO se mettre à son compte ». Voyons aujourd'hui les différentes charges financières à prévoir. Elles se divisent en deux principales catégories : les charges fiscales (taxes et impôts), et les charges sociales (cotisations). Leur mode de calcul et de perception est loin d'être unifié, donc accrochez-vous.
Imposition des bénéfices
Les bénéfices réalisés (on l'espère) par l'entreprise sont soumis à un impôt. Le calcul du montant de cet impôt nécessite la connaissance des bénéfices à imposer, et les bénéfices de l'année N sont donc imposés en N+1 comme pour l'impôt sur le revenu. Dans certains cas, d'ailleurs, cette imposition est celle de l'impôt sur le revenu. Dans d'autres cas, il s'agit de l'impôt sur les sociétés.
En impôt sur le revenu
Dans le cas d'une entreprise individuelle, comme il n'y a pas de séparation entre l'entreprise et l'entrepreneur, les bénéfices sont imposés dans le cadre de l'impôt sur le revenu, avec une déclaration supplémentaire. Selon le montant du chiffre d'affaires, deux types de déclarations sont possibles. Le régime « micro » est le plus simple, et considère que les frais professionnels représentent une fraction forfaitaire (37 %) des recettes. L'entrepreneur est alors imposé comme s'il percevait la fraction restante en tant que salaire. La comptabilité est très simplifiée, et se résume quasiment à une simple addition annuelle des montants des factures réglées.
Le régime « réel » impose une comptabilité plus complexe. En contrepartie, l'entreprise est imposée sur ses bénéfices réels, et non sur une fraction constante de ses recettes. Si les frais professionnels (déplacements, sous-traitance, services externes) sont élevés et qu'ils dépassent les 37% forfaitaires, il est donc intéressant d'utiliser ce régime réel.
Note en passant : le choix du régime « micro » n'est possible que dans le cas d'une entreprise individuelle ne dépassant pas 27000€ de recettes par an. Au-delà, le régime « réel » est obligatoire.
D'une manière ou d'une autre, le résultat de l'entreprise est intégré dans le revenu de l'entrepreneur, donc soumis au barême habituel de l'impôt sur le revenu (quotient familial, tranches d'imposition, demi-parts supplémentaires, etc.).
En impôt sur les sociétés
Dans le cas d'une SARL, le régime fiscal est celui de l'impôt sur les sociétés. La société est imposée sur ses bénéfices, c'est-à-dire sur la différence entre ses recettes et ses frais. Parmi les frais, les rémunérations des employés et du gérant ne seront donc pas imposés pour la société ; mais ils entreront bien sûr dans les revenus des personnes concernées, et seront donc imposés au titre de l'impôt sur leur revenu.
Une EURL est généralement imposée au titre de l'impôt sur le revenu, mais son gérant peut décider de la faire migrer vers le statut fiscal de l'impôt sur les sociétés. Attention, cette migration est définitive.
L'impôt sur les sociétés se base sur les bénéfices réalisés, et fonctionne selon deux taux. Le taux normal, de l'ordre de 30 %, s'applique dans le cas général ; le taux réduit, de l'ordre de 15 %, est soumis à conditions (bénéfices en-deçà d'un plafond de quelque 7 millions d'euros, confortable pour un freelance) et ne s'applique qu'aux 38120 premiers euros, le reste étant imposé au taux normal.
TVA
La TVA est un impôt indirect, qui est collecté par le vendeur lors de toute vente de biens ou de services, et reversé à l'État. Comme elle ne porte que sur la valeur ajoutée, la TVA reversée est seulement la différence entre le montant de TVA reçue par une entreprise de ses clients et le montant de TVA payée par cette entreprise à ses fournisseurs.
Les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à un certain seuil (27000€ pour les prestations de services, 76300€ pour les ventes de marchandises) peuvent bénéficier du dispositif de franchise de TVA. Ces entreprises peuvent alors se passer de faire figurer la TVA sur leurs factures (ce qui peut être intéressant si les clients ne sont pas des entreprises habilitées à récupérer la TVA, par exemple s'il s'agit de particuliers ou d'associations).
La TVA à reverser se calcule simplement : elle est constituée de la différence entre la TVA collectée auprès des clients et celle payée aux fournisseurs. Ce calcul peut se faire tous les ans, tous les trimestres ou tous les mois, et le versement correspondant a lieu rapidement.
Il y a quelques subtilités à connaître pour les clients étrangers (et même, ça dépend s'ils font partie de l'Union européenne ou pas), mais ça ne va pas chercher bien loin.
Taxe professionnelle
Cette taxe est encore d'une simplicité formidable : elle est collectée localement (par le département si mes souvenirs sont bons), mais son calcul est déterminé par l'addition de trois parts, perçues par la commune, le département et l'État, avec donc trois taux différents déterminés par trois collectivités différentes. Ça prend en compte les bénéfices réalisés, mais aussi la valeur locative des outils de travail et des tas de trucs bizarres. Et il y a des planchers incompressibles, ce qui peut surprendre la première année si l'on n'a eu que de faibles revenus et qu'on se retrouve avec une grosse proportion de ces revenus à reverser.
Cotisations sociales
Ce terme assez large regroupe les cotisations versées à différentes caisses qui reversent les prestations sociales. On y trouve notamment :
les cotisations d'allocations familiales, versées à l'URSSAF ;
les cotisations d'assurance maladie, versées à une caisse d'assurance maladie (RAM par exemple) et éventuellement à une mutuelle ;
les cotisations d'assurance vieillesse (retraite), versées à une autre caisse (CIPAV ou autre, ça dépend des professions) ; il est ici aussi possible de prendre une assurance complémentaire, mais c'est le même organisme qui la collecte.
Y figurent aussi les cotisations dites de « prévoyance », c'est-à-dire d'assurance invalidité-décès, ainsi que des trucs que j'ai pas encore trop compris (CSG, CRDS et tout le tintouin).
Ces cotisations ne sont pas calculées sur l'activité de l'année précédente, mais sur celle d'avant. Ainsi, un entrepreneur qui débute son activité en 2008 paiera des cotisations forfaitaires en 2008 et 2009, et ce n'est qu'en 2010 que sera régularisé l'éventuel trop-perçu de 2008. Pour les années suivantes, le forfaitaire pur est remplacé par une estimation des bénéfices, mais il reste le principe de la régularisation en N+2.
Combien ?
La question que tout le monde se pose : combien ça coûte, et combien il reste à la fin ? Évidemment, et malheureusement, la réponse n'est pas simple. Déjà parce que le mode de calcul diffère selon les charges (forfaitaire, régularisé, année N-1 ou N-2, voire trimestre ou mois), mais aussi parce que d'une année sur l'autre, l'entreprise qui grossit un peu franchit les plafonds et change donc de statut donc de mode de calcul. Et les taux retenus par les caisses changent, et si on a un travail salarié à côté la tranche d'imposition ne dépend pas uniquement des revenus de l'entreprise, etc. Mon impression (et après 4 ans d'entreprise je n'ai toujours pas atteint un régime de croisière stable, donc c'est à prendre avec des pincettes) est qu'en gros, pour 100 € facturés, il en reste entre 40 et 50 après cotisations, contributions, taxes et impôts. J'insiste cependant sur le fait que ça s'applique à mon cas particulier, et que ce chiffre varie probablement d'une entreprise à l'autre, suivant l'activité et le mode de fonctionnement (donc l'ampleur des frais et des fournisseurs).
Notons en passant qu'il existe des mécanismes d'exonération de charges pour les entreprises répondant à certaines conditions (jeune entreprise innovante, création d'emploi, zone franche ou défavorisée, etc.). Ça peut permettre de commencer son activité avec une certaine sérénité financière, à condition de planifier pour ne pas se retrouver le bec dans l'eau lorsque ces exonérations sont levées...
Ainsi finit cette deuxième partie. C'est pas très précis, mais c'est parce que c'est vraiment compliqué pour calculer tout ça (heureusement, c'est en général pris en charge par les différentes caisses). La troisième (et probablement dernière) partie redeviendra un peu plus terre-à-terre, et traitera des formalités concrètes de création ainsi que du fonctionnement quotidien de l'entreprise.
Posted jeu. 17 avril 2008 00:00:00 CESTJe m'aperçois que ce Freelance HOWTO, que j'avais promis il y a fort longtemps déjà, n'a toujours pas été écrit. Donc, je m'y mets. Comme c'est un peu long, ce sera en plusieurs parties. La première restera assez générale ; je n'ai pas encore rédigé les suivantes, mais il est probable qu'il y en aura trois au final.
Buts et contexte
Je suis monsieur M., j'ai acquis des compétences d'une manière ou d'une autre, et je pense qu'il y a un marché et que je pourrais essayer de vivre de ces compétences. Je vais donc créer mon entreprise, pour proposer mes services à des clients contre rémunération, soit à temps partiel (par exemple pour tâter le terrain) soit à temps plein (une fois que je suis convaincu de la viabilité de mon entreprise).
(Ce HOWTO se focalise sur les entreprises de services. Pour les entreprises qui font plutôt du commerce, c'est-à-dire de l'achat et de la revente de produits, les contraintes sont un peu différentes, et je connais moins le domaine, donc demandez un avis plus éclairé.)
Préalables
Avant de se lancer et de prendre le moindre engagement, il convient de se demander si les chances de l'entreprise sont raisonnables. Théoriquement, il faudrait faire (ou faire faire) une étude de marché complète, mais ça peut coûter cher. Commencer par essayer de se faire une idée des réponses aux questions suivantes : Y a-t-il réellement un besoin ? Des clients ? Ces clients sont-ils prêts à payer pour le service rendu ? Y a-t-il déjà des entreprises qui fournissent le service à ces clients ? Si oui, reste-t-il de la place pour une de plus ?
En fonction de ces réponses, on pourra déjà dans certains cas avoir une idée de la viabilité du projet. Si c'est pas bon, il est conseillé d'arrêter, ou de faire évoluer le projet pour que ça devienne bon.
Forme juridique
Une « entreprise » peut avoir plusieurs formes, et fonctionner selon plusieurs statuts. Il faut notamment distinguer le statut juridique (la forme sous laquelle l'entreprise existe) et son statut fiscal (la manière selon laquelle les impôts et taxes sont calculés et payés). Les deux sont plus ou moins liés, puisque certaines combinaisons ne sont pas autorisées, mais il reste plusieurs possibilités.
Je ne détaille ici que deux statuts, celui de l'entreprise individuelle et celui de l'EURL/SARL. Les autres statuts (SA, SAS, SCIC etc.) sont plus complexes à mettre en place, et sont de toute manière moins adaptés à l'objet de ce billet, qui vise principalement quelqu'un qui veut « se mettre à son compte ».
Le statut d'entreprise individuelle (EI) est le plus simple. Il consiste simplement à s'enregistrer à l'URSSAF, ce qui donne un numéro SIREN/SIRET, et le droit d'émettre des factures. Il n'y a pas de société, pas de personne morale séparée, l'entreprise et l'entrepreneur sont juridiquement identiques.
Si l'on souhaite séparer l'activité professionnelle et la personne physique, il faut passer par la création d'une société. Pour une activité de petite taille, on crée généralement une SARL, société à responsabilité limitée. Et même, quand on est tout seul, on appelle ça une EURL, entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (c'est juste un cas particulier de SARL, qui ne change pas grand-chose au fonctionnement). La création d'une SARL/EURL passe par des formalités plus complexes : rédaction de statuts de société par un juriste, publication dans un journal d'annonces légales, inscription au registre du commerce et des sociétés, etc. La contrepartie est cette séparation des biens entre l'entreprise et l'entrepreneur.
Séparation toute relative, ceci dit : si la société fait faillite, la responsabilité du gérant pourra quand même être mise en jeu en cas de gestion manifestement mauvaise. Et même sans parler de ce cas extrême, il faut garder à l'esprit que les dettes de l'entreprise correspondront souvent à des emprunts, et que ces emprunts ne seront probablement accordés qu'avec des garanties personnelles de l'entrepreneur.
Fin de cette première partie. La prochaine fois, nous verrons ce qui est perçu (ou présenté) comme le frein majeur qui décourage l'entreprenariat français : les charges (sociales et fiscales).
Posted sam. 22 mars 2008 00:00:00 CETRaphaël présente sa vision du modèle économique du logiciel libre, et sa manière d'en vivre. Comme je suis moi-même indépendant en informatique libre, je vais exposer mes réflexions en réponse, y'a pas de raison.
D'abord, une remarque : Raphaël parle de financer le logiciel libre. C'est une optique fort louable, mais en l'état actuel des choses je ne sais pas si c'est faisable. Je sais en revanche qu'on peut financer les développeurs de logiciel libre, et c'est de mon expérience dans ce domaine (plus restreint) que je parlerai ici.
Je confirme que la prestation de services auprès des professionnels est probablement la manière la plus simple de vivre du libre ou d'arrondir ses fins de mois avec. On choisira son statut en fonction : Raphaël a tout de suite monté une SARL (parce qu'il avait déjà de quoi travailler régulièrement avec) ; quant à moi, qui ai commencé à temps partiel, j'ai opté pour l'entreprise individuelle, dont le statut extrêmement simplifié est tout-à-fait adapté à une activité annexe. Comme lui, je n'ai pas encore eu à travailler sur des améliorations portant spécifiquement sur Debian ; je veux croire que la qualité de Debian est perçue comme suffisante par les entreprises, et que peut-être les consultants ou SSLL spécialisés dans d'autres distributions n'ont pas le même point de vue (bouh le vilain troll). En revanche, lorsque je développe pour des clients des améliorations de Gforge, ces améliorations (plugins ou correctifs) atterrissent systématiquement dans les nouvelles versions de Gforge.
Pour compléter cette partie « prestations de services », une remarque : il me trotte toujours dans la tête que le marché des services aux particuliers reste à occuper. On trouve nombre de boutiques de « dépannage PC » qui n'ont jamais entendu parler de Linux, et qui entretiennent le mythe qu'un ordinateur c'est forcément sous Windows (ou Mac OS pour les riches excentriques). Avec un peu de chance, les déboires de Vista et l'arrivée de logiciels libres sur les bureaux des entreprises vont déborder sur la clientèle des particuliers, et ces gens auront, comme les autres, besoin qu'on les forme, qu'on les aide à migrer leurs données depuis les applications antérieures vers leurs équivalents libres, etc. J'ajouterais bien « et qu'on répare leurs ordinateurs lorsqu'ils ont corrompu leur système », mais j'ai tendance à croire que cette situation est moins fréquente sur les systèmes d'exploitations libres modernes. Quoi qu'il en soit, je pense que ce marché est amené à se développer. L'inconvénient est que la clientèle des particuliers est notoirement difficile à approcher, et que cette activité ne deviendrait rentable qu'avec un grand nombre de clients.
Je passe sur la publicité, Tuxicoman exprime mes pensées mieux que je ne saurais le faire (pub = beurk).
L'hébergement de service en ligne me semble rejoindre la problématique du service aux particuliers : ce n'est viable qu'à grande échelle, avec beaucoup de clients payant chacun une petite somme (puisque le logiciel hébergé étant libre, n'importe qui peut proposer un hébergement moins cher que moi si je fixe le tarif trop haut). Beaucoup de clients, donc beaucoup de risques de problèmes, donc beaucoup de temps passé en maintenance et peu en développement. Pourquoi pas, mais c'est beaucoup de soucis pour un gain incertain.
Les fans et les donations sont une voie à laquelle je n'ai pas vraiment réfléchi (je jette de temps en temps un coup d'œil au « AJ Market » d'Anthony Towns, ça me dissuade généralement de trop y réfléchir). J'ai bien une liste de Noël permanente, mais je la considère principalement comme une liste de courses personnelle, avec de temps en temps une bonne surprise dans la boîte aux lettres ; et je pense qu'un individu peut difficilement espérer subvenir à une fraction significative de ses besoins avec des dons. À moins de les susciter par une quantité énorme de travail et de sollicitations, mais en général le développeur a plutôt tendance à préférer se focaliser sur le développement.
Étonnamment, Raphaël passe sous silence la rédaction et la participations à des livres. C'est pourtant à mon avis une option à ne pas négliger. J'ai participé à plusieurs ouvrages, en tant que relecteur sur les deux premières éditions de son Cahier de l'admin Debian (j'ai même été promu co-auteur pour la troisième édition, en cours), en tant que co-traducteur (avec Raphaël encore) du Debian, Administration et configuration avancée de Martin Krafft, et j'ai même fait (tout seul, cette fois) la relecture sur le Ubuntu Efficace de Lionel Dricot. Je pense que cette activité est assez intéressante pour qui veut gagner un peu d'argent grâce à son expertise accumulée sur le logiciel libre. Les sommes en jeu sont loin d'être suffisantes pour en vivre, et les charges de travail peuvent être conséquentes (notamment au moment du bouclage), mais les investissements matériels requis sont mineurs, la valeur ajoutée étant exclusivement située dans l'expertise de l'auteur sur le domaine concerné et dans sa capacité à la faire passer par écrit. Il « suffit » donc de convaincre un éditeur du bien fondé de publier un ouvrage, et de se mettre au boulot. Évidemment, ce n'est possible que si on a déjà une certaine réputation dans le domaine concerné (les éditeurs ne publient pas n'importe quoi ni n'importe qui, et essaient de garantir un haut niveau de qualité dans leurs publications), mais c'est bien de ça qu'il s'agit, non ?
Pour terminer, les « critères de succès » évoqués par Raphaël me semblent raisonnables si on garde à l'esprit qu'on cherche une solution de financement collectif (et non individuel, comme c'est mon cas) et durable. Comme je vois à peu près où il veut en venir (les plans secrets de conquête du monde, ça me connaît), je pense que cela peut aboutir à un autre système de financement (ou d'encouragement pécunier) pour les développeurs de libre. Reste à voir ce que ça va donner concrètement.
J'en profite pour sonder le terrain : on me demande parfois comment ça se passe concrètement pour se mettre à son compte. Donc je me tâte pour décrire le processus dans un billet (ou une série de billets), mais avant de me lancer j'aimerais confirmation que ça intéresserait du monde. Sinon, ça attendra. (Mise à jour : Plusieurs personnes m'ont dit être intéressées, donc je vais le faire, promis. Reste à voir quand.)
Posted lun. 24 sept. 2007 00:00:00 CESTJ'entends tout le monde me dire qu'en tant qu'entrepreneur, il faut que je bloggue pour mon entreprise, sous peine d'être complètement dépassé et has-been. J'avais repoussé ce moment jusqu'à présent, parce que je n'avais rien de particulier à dire, mais ça vient de changer : j'ai une soudaine envie de râler publiquement. Le thème d'aujourd'hui : l'URSSAF. Ou plutôt, les URSSAF, puisqu'il y en a plusieurs, à mon grand dam.
Résumé des épisodes précédents, tout d'abord. J'étais établi depuis un certain temps dans mon ancien chez moi (Alpes-Maritimes), en régime de croisière, les cotisations forfaitaires des deux premières années ayant été régularisées, les nouvelles se faisant automatiquement par prélèvement, tout bien comme il faut. Mais j'avais envie de me déplacer vers l'Hérault pour diverses raisons, non la moindre étant que j'avais les moyens d'y acheter une maison, afin de rayer de mes frais fixes un loyer de la côte d'Azur. La maison n'étant pas disponible avant janvier 2007, je résolus donc d'économiser plusieurs mois de loyer en m'installant pour l'automne chez ma famille, dans le Tarn. Je passe donc à l'URSSAF d'Albi peu après mon premier déménagement en septembre, pour signaler le transfert de siège. « Pas de problème monsieur, on s'occupe de tout, on vous tient au courant. » Rassuré, je rentre dans mes pénates et me remets au travail.
Voilà pour le préambule. Passons aux choses sérieuses.
Après quelques semaines, je recois un appel de cotisation de Nice. Comme à mon habitude, je range la notification dans mon dossier dédié, confiant dans les systèmes de prélèvement automatique, et j'oublie l'affaire... jusqu'à recevoir un appel de cotisation en provenance d'Albi et portant sur le même troisième trimestre 2006. Interloqué, j'appelle Albi, qui me rassure en me disant d'ignorer cet appel, qu'ils vont s'arranger avec Nice, tout ça. Je ré-oublie l'affaire.
Un mois passe, puis je reçois un pli recommandé en provenance de Nice, avec mise en demeure de payer et pénalités de retard. Euh ? Sitôt reçu, je les appelle, et une dame très serviable m'explique que lors d'un transfert, ils coupent automatiquement les prélèvements automatiques pour ne pas créer de mauvaise surprise chez les cotisants (et les pénalités de retard, c'est pas une mauvaise surprise ?), et que je pouvais me contenter d'envoyer un chèque de la cotisation non majorée, avec un courrier expliquant ma situation, ce que je m'empresse de faire. Le chèque est encaissé rapidement, j'ai la naïveté de penser que c'est réglé.
Haha, quel naïf je fais. Mi-décembre, je reçois une lettre de Nice, qui me dit que dans sa grande magnanimité, et vu que c'était mon premier incident de paiement, le directeur veut bien passer l'éponge et ne pas me réclamer les pénalités de retard. Le ton condescendant a de quoi énerver, mais la conclusion est tellement décourageante que je décide une fois de plus de ne pas chercher plus loin en espérant que c'est la fin des complications : la fin de la lettre me conseille en effet, pour éviter ce genre de désagréments à l'avenir, d'opter pour le prélèvement automatique. C'est à se demander si quelqu'un a simplement lu mon courrier.
Quatrième acte, aujourd'hui : un autre courrier recommandé, d'Albi cette fois. Mise en demeure, pénalités de retard, menaces de poursuites, pareil. Le découragement me guette, mais je réagis vigoureusement et j'empoigne mon téléphone (ou plutôt, j'enfile mon micro-casque USB et je tapote mon clavier, parce que je suis moderne et que je fais de la voix sur IP moi monsieur, avec traffic shaping et tout). Je réexplique mon cas, confirme mon intention de ne pas payer (« Et pourquoi vous voulez pas payer ? » « Bin parce que j'ai déjà payé vos collègues, comme je viens de vous l'expliquer, et que vous étiez censés vous arranger avec eux. »), et obtiens l'assurance qu'Albi va contacter Nice pour obtenir une rétrocession de la portion de la cotisation du trimestre correspondant à la partie du trimestre où j'étais dans le Tarn.
Aujourd'hui 20 décembre, j'en suis donc une fois de plus à espérer que tout ça va se tasser. Et le pire est que ça risque de recommencer quand je vais de nouveau déménager vers ma prochaine destination finale dans l'Hérault le mois prochain. Du coup, j'envisage une ruse : je vais légèrement tricher sur la date de mon déménagement. Je me dis que si officiellement le siège est transféré le premier janvier, ça m'évitera peut-être ces histoires de trimestres à cheval entre deux départements, et ça simplifiera les procédures. À moins que l'URSSAF de Montpellier soit efficace dans son travail de fond et pas simplement courtoise au téléphone.
Pour finir sur une note corporate-blogging, transparence et tout ça : et voilà, chers clients, une des raisons pour lesquelles les indépendants ont des tarifs journaliers qui semblent élevés. Ils aimeraient bien (en tout cas, moi personnellement j'aimerais bien) pouvoir passer plus de jours facturés moins cher sur du vrai travail, mais les tracasseries administratives évoquées ici font partie du temps non rémunéré.
Posted mer. 20 déc. 2006 00:00:00 CETIl est temps de révéler au monde entier une, euh, révélation : l'un des gros changements évoqués précécemment dans ces colonnes n'est plus qu'une question d'heures. En effet, je serai à partir de demain soir (après le turbin) en congé pour création d'entreprise. Bien que nominalement toujours employé de France Télécom, je n'y travaillerai plus, et je me consacrerai ainsi à plein temps à mon activité de freelance en logiciel libre.
Je me transformerai donc en geek professionnel, à votre service pour une large gamme de services liés à l'informatique libre en général. Historiquement je suis surtout connu pour faire du Gforge, mais je suis tout disposé à me diversifier, notamment vers les domaines dans lesquels j'évolue depuis un certain temps (divers aspects de Debian, par exemple) ou ceux auxquels je vais m'intéresser dans un futur proche.
Posted mar. 20 juin 2006 00:00:00 CESTÇa faisait un certain temps que j'aurais déjà dû le faire, bah voilà, c'est fait. J'ai mis à jour mon site pro. Allez le voir, si je vous intéresse contactez-moi, sinon envoyez-moi vos amis.
Quoi de neuf ? Le plus visible sera probablement le nouveau style de couleurs, basé sur un script écrit par Manoj Srivastava dans un article de son blog (couleur de base : #f0fbff). Mais y'a aussi un peu de contenu : j'ai enfin régénéré une nouvelle clef GnuPG suite à la perte de la précédente (et cette fois, j'ai des sauvegardes). Et j'ai mis à jour mes références, en y mentionnant le Gforge Group et les dernières prestas pour l'Adullact.
Voili voilà, il reste maintenant à le faire connaître, de préférence par des gens qui seront enclins à en faire bon usage (en d'autre termes, me faire travailler).
Posted sam. 25 sept. 2004 00:00:00 CEST