30 octobre, suite. La ligne shinkansen n'arrivera à Aomori qu'en 2010, donc pour aujourd'hui on a une correspondance à Hachinohe. On finit par arriver en début d'après-midi, mais comme la nuit va tomber tôt (on a bien bougé vers le nord et l'est) et que l'auberge est un peu excentrée, on se contente d'une balade en ville sans trop de tourisme intensif. On monte quand même à l'étage panoramique du bâtiment ASPAM (on sait pas ce que c'est, mais il a sa petite mascotte, appelée Pam-pam-kun), juste à temps pour voir le soleil se coucher et faire le tour du paysage, avec la ville, la baie, le Pacifique, et on voit presque un bout d'Hokkaido. Puis on migre vers l'auberge en passant par un supermarché pour acheter du manger.
On arrive dans une auberge dont le tenancier est complètement fan d'Irlande. Il a une quantité incroyable de bouquins sur l'Irlande, des rangées de canettes et de sous-bocks Guinness et Murphy's et Kilkenny et autres, des drapeaux, des cartes, etc. Et il a des bouteilles au frigo. Et il est très sympathique, on reviendra quand on aura plus de temps. En revanche, son auberge n'est pas accessible aux réseaux de communication (ni téléphone mobile, ni Internet).
Pas encore de neige, mais il commence à faire frisquet.
31 octobre. Migration vers Hokkaido et la région du lac Toya, région volcanique pleine de monts Machin-shinzan (où « shinzan » se traduit littéalement par « nouvelle montagne »). Sources thermales, région très touristique... l'été. Là, on est vraiment en période creuse, et ça se sent. Les bus sont à un rythme très allégé. Donc comme en plus il pleut, on laisse les bagages dans une consigne, et on va squatter le bain d'un hôtel du centre-ville. Puis on finit par se rendre à l'auberge de jeunesse, sauf qu'en période creuse apparemment la branche AJ est fermée et on a juste les tarifs correspondants pour avoir une chambre de business hotel. Pas réellement glauque, mais pas loin : vieillissant, sans âme, sans salle commune, sans chaleur. On ne peut même pas utiliser la salle à manger, puisqu'on a apporté notre propre repas.
1er novembre. Temps clair et de plus en plus sensiblement frisquet. Bus jusqu'au centre-ville, qui n'est pas où est la gare. Et le prochain bus pour la gare n'est pas pour tout de suite, pour changer. Donc visite du musée local, consacré à l'activité volcanique du coin, aux récentes éruptions et aux indicibles catastrophes évitées de justesse grâce aux héroïques responsables qui ont ordonné l'évacuation à temps. Puis bus jusqu'à la gare, et train jusqu'à Sapporo. On pose les bagages à la consigne, on déjeune dans un restaurant souterrain, et on part visiter, devinez quoi vu le nom de la ville, le musée de la bière Sapporo. Pas beaucoup d'indications en anglais, mais sympa quand même, avec une petite maquette animée style Disney pour nous monter le cycle de fabrication, du malt et du houblon jusqu'à l'embouteillage et la distribution. Évidemment, y'a un bar à la sortie, donc on déguste une Yebisu brune. Puis on migre vers l'auberge, qui redevient une vraie chouette auberge de jeunesse (elle se présente même comme backpackers, et c'est vrai qu'elle ressemble bien à ce que j'ai pu voir en Nouvelle-Zélande). Et on ressort juste pour manger de la viande grillée et boire un umeshu.
2 novembre. On a toute la journée à Sapporo, mais ça commence par de la pluie. Nous, on commence par la tour de télévision, d'où on a une vue panoramique sur la ville (la pluie s'est arrêtée entre temps). Je suis déprimé pour les pauvres hôtesses d'ascenseur qui répètent le même texte de la même voix monocorde en continu toute la journée, dont le contenu est essentiellement « bienvenue à la tour de télévision, d'où vous aurez une vue panoramique sur Sapporo, merci d'avoir pris cet ascenseur, attention on arrive », mais avec beaucoup de formes de politesse, que j'arrive même à peu près à reconnaître et à comprendre. Les pauvres. Bref, on admire, on redescend, on va voir la tour de l'horloge, dont l'horloge n'aurait selon la légende jamais manqué une heure depuis plus de 120 ans. Puis on cherche le marché des poissons dans l'espoir d'y trouver un restaurant à sashimi. Y'en a un, mais y'a exactement trois places, et y'a déjà trois clients. Donc le boui-boui d'en face, avec des sashimi sur un bol de riz et une coquille saint-jacques grillée. Miam.
L'après-midi, c'est pas folichon : on descend l'avenue Odori (litt. « grande rue »), qui est bien arborée donc avec de jolies couleurs. On serait bien allés prendre la télécabine pour monter sur la montagne avoisinante et avoir un panorama sur la ville, mais il se met à pleuvoir. Bien entendu, ça s'arrête dès qu'on a changé d'avis et marché suffisamment longtemps pour que ça ne vaille plus le coup d'y aller avant que ça ferme, donc grr. On cherche sans succès une salle d'arcade pour passer le temps, et on finit par rentrer à l'auberge (sauf Damien qui continue à chercher, et qui finit par trouver). Après le bain, on part dîner dans la ruelle des restaurants à ramen, puis on passe le début de la soirée dans la salle d'arcade. La fin de la soirée, c'est tranquille à l'auberge : lui cherche son itinéraire vers Tokyo du lendemain, moi je profite du canapé.
3 novembre. Damien se lève tôt, je lui serre la pince depuis mon lit et il s'en va affronter ses 10 heures de train. Je me lève un peu plus tard, je finis mon sac, et je commence une longue série de transports en commun qui devrait finir par me ramener chez moi : deux métros, un train express jusqu'à l'aéroport de Sapporo (à Chitose), un avion jusqu'à l'aéroport de Tokyo-Haneda, un monorail, un métro, un autre train express jusqu'à l'aéroport de Tokyo-Narita, un avion jusqu'à Roissy, deux TGV pour Montpellier via Lyon, et un tram jusqu'à Saint-Jean de Védas. Avec juste quelques courses dans les temps de correspondance. Normalement j'arrive chez moi le 4 novembre en début d'après-midi, pour attaquer les mails en retard, reprendre le boulot, et reporter le tri des photos à quand j'aurai le temps. Le bilan du voyage suivra un de ces jours.
C'était Roland, actuellement à Narita, un peu avant l'embarquement du vol vers Roissy.