En rupture avec une quasi-tradition, ce week-end prolongé de l'Ascension n'a pas été passé dans la campagne bourguignonne à regarder les vaches, boire des apéros et faire des siestes. Y'a eu des apéros et des siestes, mais c'était chez moi, en ville et sans vachettes. Parce que depuis que je me suis installé en Languedoc, je suis dans une région à tradition taurine.
J'ai donc pu assister hier, dans les rues de Saint-Jean de Védas, à une abrivado (lâcher de taureaux dans les rues de la ville), une bandido (lâcher de taureaux dans les rues de la ville) et une encierro (lâcher de taureaux dans les rues de la ville). Comme je suis nouvel arrivant, j'ai demandé des détails, et on m'a expliqué que :
- l'abrivado, c'est quand on amène les taureaux aux arènes ; en fait, au lieu de les amener en camion jusqu'aux arènes, on les amène de l'autre côté de la ville, et ils finissent à pied (encadrés par des gardians à cheval). Ça doit être pour l'échauffement.
- la bandido, c'est le retour ; forcément, le chauffeur du camion étant dans les gradins, il a pas pu rapprocher ledit camion des arènes pendant les joutes, donc il faut que les taureaux retraversent la ville à pied (toujours avec les cavaliers à côté) pour rejoindre leur pré.
- l'encierro, c'est quand les cavaliers sont fatigués, alors on donne quartier libre aux taureaux.
Le tout se déroule dans une zone de la ville délimitée par de solides barrières à travers lesquelles peut passer un humain pas trop gros, mais théoriquement pas un bovin entraîné. Comme la zone d'hier faisait exactement quatre rues, et qu'elle ne permettait pas l'accès aux arènes (situées en contrebas par rapport au centre-ville), j'ai pas bien compris le principe des deux premières phases. « Oui mais là on fait semblant », m'a-t-on répondu. Évidemment, les jeunes gens du village en profitent pour les asticoter un peu, se faire courir après, etc. Surtout pendant l'encierro, parce que forcément les taureaux ne sont plus coincés entre quatre chevaux.
Bref. Je me suis posté sur un muret à un coin de rue, et j'ai pu tester mon nouveau jouet, un objectif zoom 70-300 mm. Eh bin comme prévu, ça zoome fort et loin, mais du coup c'est vraiment sensible au mouvement. Donc en journée et en extérieur, ça va. Le soir, j'ai même pas essayé. À la lumière de deux lampadaires (dont un au milieu d'un arbre, donc il éclairait pas grand-chose), j'ai été forcé de me rabattre sur mon 50 mm ouvert en grand, plus un coup de flash, une correction des blancs poussée au maximum, et une mise au point manuelle parce qu'il faisait trop sombre pour l'autofocus. Du coup, ça donne des images assez surréalistes (les taureaux ont une couleur presque normale, mais leur ombre est bleutée et le sol est orangé). Et ça donne énormément de photos floues, donc vive le numérique : sur 140 clichés, y'en a juste une petite vingtaine de montrables. Et, vive le numérique derechef, je vous les montre.
Voilà. Cet après-midi y'a toro-piscine aux arènes, mais je sais pas si je vais y aller, parce que sans Guy et Léon à mon avis il va manquer quelque chose.