Le weblog entièrement nu

Roland, entièrement nu... de temps en temps.

Ça gratte

C'est une convergence de plusieurs éléments.

Dimanche, une visite en fin d'après-midi chez les cousines de La Destrousse et leur piscine. D'où, exposition modérée au soleil. Lundi, barbecue-côte-de-bœuf-piscine aux Adrets. D'où, exposition au soleil (un peu moins modérée). Étant donné mes occupations habituelles, on ne s'étonnera pas que j'aie quelque peu rougi des épaules et du buste. Bon, c'était le premier élément.

Hier soir, tentative de cinéma avec Xavier. La tentative a échoué (pour des raisons que je tairai ici, sauf si Xavier avoue tout sur son blog à lui), mais on est quand même allés boire un coup. D'où, j'ai pas eu le temps de finir un boulot pour un client hier soir. Deuxième élément.

La semaine dernière, c'était les derniers cours de cirque (jonglerie et acrobatie). Donc, cette semaine, pas d'entraînement officiel. Troisième élement.

Mettons tout ça ensemble ce soir. Je rentre du boulot de jour, je dîne, et je me fais une petite demi-heure de balles. Figures à 3 balles, stabilisation des trucs louches à base de 4 balles, et endurance 5 balles. Il n'est pas encore très tard, donc il fait encore chaud, donc je finis par enlever le tee-shirt. Le CD s'arrête, les bras fatiguent, il est temps d'aller faire un peu de boulot de soir-et-week-ends. Me voici donc assis à mon PC, en train de bricoler du SQL et des scripts Perl. Machinalement, en réfléchissant aux conséquences de l'une ou l'autre de mes actions, je me passe la main sur les coups de soleil (ne me dites pas que vous n'aviez pas deviné l'essence du premier élément, je ne vous croirais pas). Caramba, voilà qu'ils se mettent à me démanger un peu, c'est curieux, pourquoi juste le surlendemain ? Bon, bref, c'est pas grave, c'est l'occasion d'y mettre un peu de biafine.

Grave erreur ! Énorme erreur ! Car le principe de la biafine, quel est-il ? Eh bien il est de réactiver la microcirculation dans la peau. En d'autres termes : toutes les petites terminaisons nerveuses que j'avais soigneusement ignorées jusque-là, et qui ne se plaignaient que doucement puisqu'elles étaient sous-alimentées en sang, se retrouvent d'un coup très vivement irriguées, et toujours d'aussi mauvaise humeur après le traitement ultraviolet du passé récent. En d'autres termes encore : ça gratte comme c'est pas permis. Et cette fois, pas question de passer la main dessus, sinon c'est une démultiplication atroce des souffrances et de leur durée.

Au passage, je suis ébahi de la résistance humaine à la tentation, et de la force de ma propre volonté (un peu d'autosatisfaction n'a jamais fait de mal) : ça fait presque une heure que je me force à garder les mains sur le clavier et le derrière sur mon siège, le torse en feu, les dents serrées, le souffle court, et avec une odeur de biafine dans les narines. C'est horrible. Mon seul espoir est de tenir, tenir jusqu'à l'épuisement : les quelques accalmies que je perçois de temps en temps ne sont probablement que des leurres destinées à endormir ma volonté de fer et m'inciter à gratter les démangeaisons.

Quand je serai le maître du monde (ou le chef bourreau du maître du monde, si je me fais doubler au dernier moment), je torturerai les gens comme ça, tiens. Six mois dans une cave sombre, une journée attaché en plein soleil, et deux jours après, cinq minutes de grattage et une bonne couche de biafine. Si je suis vraiment de mauvaise humeur, je détacherai même les mains du pauvre dissident, dans une version modernisée et perverse du supplice de Tantale. Mwahahaha, je suis démoniaque, MWAHAHA... aïe.

Me faites pas rire, ça gratte.

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