Mardi soir, y'avait par chez moi un concert en plein air du Trio Joubran, qui fait de la musique toute cool toute tranquillette avec trois ouds et un percussionniste. S'ils passent chez vous, allez les voir et les entendre... mais vous n'aurez pas pareil.
Parce que vous n'aurez pas l'air d'une soirée de fin juillet dans un village de l'Hérault. L'odeur des pierres qui refroidissent, du sable des boulodromes. Du bitume, un peu. De la transpiration des arbres. De la garrigue, quand un courant d'air décide de venir de la bonne direction. Quand il change d'avis, celle du barbecue des roadies avant le concert, où les braises finissent de se consumer. Sinon, le parfum du petit cigare que ce monsieur à moustache s'autorise les soirs d'été. Ou la pipe de cet autre monsieur. Ou la marijuana de ces autres, ou l'apéritif anisé. Parfois la foule bouge, respire, s'étire, arrive ou repart. Et une estivante laisse derrière elle un sillage de monoï, une autre de shampooing à la pomme. Ou une touche d'eau de toilette, fraîche et légère. Ou, simplement, la peau bronzée qui prend le frais à son tour, parfois dans une robe d'été qui sent encore le neuf. Au retour, laisser traîner la main dans les fleurs d'un pied de lavande sur le bord du chemin, puis dans le basilic sur le balcon, et approcher son nez de la menthe qui commence tout juste à pousser.
Respirer n'a pas qu'une fonction utilitaire.
Posted jeu. 24 juil. 2008 21:13:08 CEST