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Archives 2008-04

Freelance HOWTO, deuxième

Deuxième partie de ce « HOWTO se mettre à son compte ». Voyons aujourd'hui les différentes charges financières à prévoir. Elles se divisent en deux principales catégories : les charges fiscales (taxes et impôts), et les charges sociales (cotisations). Leur mode de calcul et de perception est loin d'être unifié, donc accrochez-vous.

Imposition des bénéfices

Les bénéfices réalisés (on l'espère) par l'entreprise sont soumis à un impôt. Le calcul du montant de cet impôt nécessite la connaissance des bénéfices à imposer, et les bénéfices de l'année N sont donc imposés en N+1 comme pour l'impôt sur le revenu. Dans certains cas, d'ailleurs, cette imposition est celle de l'impôt sur le revenu. Dans d'autres cas, il s'agit de l'impôt sur les sociétés.

En impôt sur le revenu

Dans le cas d'une entreprise individuelle, comme il n'y a pas de séparation entre l'entreprise et l'entrepreneur, les bénéfices sont imposés dans le cadre de l'impôt sur le revenu, avec une déclaration supplémentaire. Selon le montant du chiffre d'affaires, deux types de déclarations sont possibles. Le régime « micro » est le plus simple, et considère que les frais professionnels représentent une fraction forfaitaire (37 %) des recettes. L'entrepreneur est alors imposé comme s'il percevait la fraction restante en tant que salaire. La comptabilité est très simplifiée, et se résume quasiment à une simple addition annuelle des montants des factures réglées.

Le régime « réel » impose une comptabilité plus complexe. En contrepartie, l'entreprise est imposée sur ses bénéfices réels, et non sur une fraction constante de ses recettes. Si les frais professionnels (déplacements, sous-traitance, services externes) sont élevés et qu'ils dépassent les 37% forfaitaires, il est donc intéressant d'utiliser ce régime réel.

Note en passant : le choix du régime « micro » n'est possible que dans le cas d'une entreprise individuelle ne dépassant pas 27000€ de recettes par an. Au-delà, le régime « réel » est obligatoire.

D'une manière ou d'une autre, le résultat de l'entreprise est intégré dans le revenu de l'entrepreneur, donc soumis au barême habituel de l'impôt sur le revenu (quotient familial, tranches d'imposition, demi-parts supplémentaires, etc.).

En impôt sur les sociétés

Dans le cas d'une SARL, le régime fiscal est celui de l'impôt sur les sociétés. La société est imposée sur ses bénéfices, c'est-à-dire sur la différence entre ses recettes et ses frais. Parmi les frais, les rémunérations des employés et du gérant ne seront donc pas imposés pour la société ; mais ils entreront bien sûr dans les revenus des personnes concernées, et seront donc imposés au titre de l'impôt sur leur revenu.

Une EURL est généralement imposée au titre de l'impôt sur le revenu, mais son gérant peut décider de la faire migrer vers le statut fiscal de l'impôt sur les sociétés. Attention, cette migration est définitive.

L'impôt sur les sociétés se base sur les bénéfices réalisés, et fonctionne selon deux taux. Le taux normal, de l'ordre de 30 %, s'applique dans le cas général ; le taux réduit, de l'ordre de 15 %, est soumis à conditions (bénéfices en-deçà d'un plafond de quelque 7 millions d'euros, confortable pour un freelance) et ne s'applique qu'aux 38120 premiers euros, le reste étant imposé au taux normal.

TVA

La TVA est un impôt indirect, qui est collecté par le vendeur lors de toute vente de biens ou de services, et reversé à l'État. Comme elle ne porte que sur la valeur ajoutée, la TVA reversée est seulement la différence entre le montant de TVA reçue par une entreprise de ses clients et le montant de TVA payée par cette entreprise à ses fournisseurs.

Les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à un certain seuil (27000€ pour les prestations de services, 76300€ pour les ventes de marchandises) peuvent bénéficier du dispositif de franchise de TVA. Ces entreprises peuvent alors se passer de faire figurer la TVA sur leurs factures (ce qui peut être intéressant si les clients ne sont pas des entreprises habilitées à récupérer la TVA, par exemple s'il s'agit de particuliers ou d'associations).

La TVA à reverser se calcule simplement : elle est constituée de la différence entre la TVA collectée auprès des clients et celle payée aux fournisseurs. Ce calcul peut se faire tous les ans, tous les trimestres ou tous les mois, et le versement correspondant a lieu rapidement.

Il y a quelques subtilités à connaître pour les clients étrangers (et même, ça dépend s'ils font partie de l'Union européenne ou pas), mais ça ne va pas chercher bien loin.

Taxe professionnelle

Cette taxe est encore d'une simplicité formidable : elle est collectée localement (par le département si mes souvenirs sont bons), mais son calcul est déterminé par l'addition de trois parts, perçues par la commune, le département et l'État, avec donc trois taux différents déterminés par trois collectivités différentes. Ça prend en compte les bénéfices réalisés, mais aussi la valeur locative des outils de travail et des tas de trucs bizarres. Et il y a des planchers incompressibles, ce qui peut surprendre la première année si l'on n'a eu que de faibles revenus et qu'on se retrouve avec une grosse proportion de ces revenus à reverser.

Cotisations sociales

Ce terme assez large regroupe les cotisations versées à différentes caisses qui reversent les prestations sociales. On y trouve notamment :

  • les cotisations d'allocations familiales, versées à l'URSSAF ;

  • les cotisations d'assurance maladie, versées à une caisse d'assurance maladie (RAM par exemple) et éventuellement à une mutuelle ;

  • les cotisations d'assurance vieillesse (retraite), versées à une autre caisse (CIPAV ou autre, ça dépend des professions) ; il est ici aussi possible de prendre une assurance complémentaire, mais c'est le même organisme qui la collecte.

Y figurent aussi les cotisations dites de « prévoyance », c'est-à-dire d'assurance invalidité-décès, ainsi que des trucs que j'ai pas encore trop compris (CSG, CRDS et tout le tintouin).

Ces cotisations ne sont pas calculées sur l'activité de l'année précédente, mais sur celle d'avant. Ainsi, un entrepreneur qui débute son activité en 2008 paiera des cotisations forfaitaires en 2008 et 2009, et ce n'est qu'en 2010 que sera régularisé l'éventuel trop-perçu de 2008. Pour les années suivantes, le forfaitaire pur est remplacé par une estimation des bénéfices, mais il reste le principe de la régularisation en N+2.

Combien ?

La question que tout le monde se pose : combien ça coûte, et combien il reste à la fin ? Évidemment, et malheureusement, la réponse n'est pas simple. Déjà parce que le mode de calcul diffère selon les charges (forfaitaire, régularisé, année N-1 ou N-2, voire trimestre ou mois), mais aussi parce que d'une année sur l'autre, l'entreprise qui grossit un peu franchit les plafonds et change donc de statut donc de mode de calcul. Et les taux retenus par les caisses changent, et si on a un travail salarié à côté la tranche d'imposition ne dépend pas uniquement des revenus de l'entreprise, etc. Mon impression (et après 4 ans d'entreprise je n'ai toujours pas atteint un régime de croisière stable, donc c'est à prendre avec des pincettes) est qu'en gros, pour 100 € facturés, il en reste entre 40 et 50 après cotisations, contributions, taxes et impôts. J'insiste cependant sur le fait que ça s'applique à mon cas particulier, et que ce chiffre varie probablement d'une entreprise à l'autre, suivant l'activité et le mode de fonctionnement (donc l'ampleur des frais et des fournisseurs).

Notons en passant qu'il existe des mécanismes d'exonération de charges pour les entreprises répondant à certaines conditions (jeune entreprise innovante, création d'emploi, zone franche ou défavorisée, etc.). Ça peut permettre de commencer son activité avec une certaine sérénité financière, à condition de planifier pour ne pas se retrouver le bec dans l'eau lorsque ces exonérations sont levées...

Ainsi finit cette deuxième partie. C'est pas très précis, mais c'est parce que c'est vraiment compliqué pour calculer tout ça (heureusement, c'est en général pris en charge par les différentes caisses). La troisième (et probablement dernière) partie redeviendra un peu plus terre-à-terre, et traitera des formalités concrètes de création ainsi que du fonctionnement quotidien de l'entreprise.

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Posted jeu. 17 avril 2008 00:00:00 CEST
Mise en place d'un tunnel 6to4

Autant pour ne pas oublier que pour en faire profiter les amis, voici une méthode rapide pour mettre en place l'IPv6 par la méthode de transition 6to4 sur une machine Linux.

Pré-requis : un ordinateur sous un noyau Linux un peu récent (pas d'inquiétude, ça marche même avec une Debian stable, que les mauvaises langues se plaisent pourtant à qualifier d'obsolète dès sa sortie). Avec une adresse IPv4 publique fixe.

Première étape : ajouter ce qui va bien dans le fichier /etc/network/interfaces. Pour pas s'embêter, on prend le script suivant qu'on appelle avec ./6to4.sh <adressev4>, et on copicolle le résultat.

#! /bin/sh
set -e

ip4=$1
echo "$ip4" | grep -q '^[0-9]*\.[0-9]*\.[0-9]*\.[0-9]*$' || \
{ echo 'Syntax: $0 a.b.c.d'; exit 1; }

ip6=$(printf '2002:%02x%02x:%02x%02x::1' $(echo $ip4 | sed 's/\./ /g'))

sed s/IP6/$ip6/ << EOF
auto sit0
iface sit0 inet6 static
        address IP6
        netmask 64
        gateway ::192.88.99.1
EOF

Deuxième étape : activer cette interface, avec ifup sit0. Pouf, on a de l'IPv6.

Troisième étape, optionnelle : configurer un firewall pour cette interface (attention, c'est avec ip6tables et plus avec iptables).

Quatrième étape, optionnelle aussi : configurer une zone DNS reverse sur un serveur, et faire référencer ce serveur. Ça se passe sur 6to4.nro.net, et il suffit de remplir les champs du formulaire en faisant la requête depuis la machine concernée.

...et voilà. Évidemment ce mini-HOWTO devrait n'être utile que pendant une période limitée (juste le temps que tous les FAI fournissent de l'IPv6 natif), évidemment il ne couvre pas le routage automatique pour le réseau situé derrière la machine, il ne couvre pas les configurations compliquées, mais au moins, pour le prochain serveur dédié que je prendrai, j'aurai la manipulation prête et documentée.

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Posted ven. 11 avril 2008 00:00:00 CEST
Trente-et-un

C'est aujourd'hui. Et, comme d'habitude, ça ne change pas grand-chose.

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Posted ven. 11 avril 2008 00:00:00 CEST
Des nouvelles de la fibre optique

On entend parfois parler dans les magazines d'information de l'arrivée imminente des connexions Internet par fibre optique, utilisant différentes techniques regroupées sous le nom de "FTTH" (fiber to the home, la fibre jusqu'à la maison). Enfin, imminente... apparemment les syndics de certains immeubles commenceraient à être contactés par les opérateurs. Mais ça reste assez limité, et réservé à quelques privilégiés. Pour les autres, ceux qui habitent dans les petites villes (moins de dix millions d'habitants), ça reste assez flou et on sait ni trop comment ça marche, ni quand ça sera réellement disponible.

C'est donc avec une certaine excitation que j'ai participé à une expérimentation pilote pour le déploiement de FTTH (dans sa variante FTTH-PY, pour ceux qui connaissent). Je n'ai pas pu tester en profondeur, faute de préparation préalable (mea culpa), je ne peux donc vous livrer que mes premières impressions.

D'abord, la disponibilité du matériel : impression très favorable de ce côté-là, on peut trouver les équipements d'émission/réception en grande surface sans problème (testé dans une seule grande surface, mais je ne pense pas que le Carrefour de chez moi soit plus spécialisé qu'un autre). Pour la fibre elle-même, c'est à peine plus compliqué, mais elle est elle aussi largement disponible dans les magasins spécialisés. Le prix est également très raisonnable, et le système est probablement parmi les moins chers du marché (il entre en concurrence directe avec les réseaux floppynet).

Pour la mise en place, c'est pas encore tout-à-fait plug and play, hélas. Les contraintes de courbure de la fibre imposées par le système de modulation font que la longueur de la fibre doit être calculée au millimètre près, et ne peut donc pas être connue à l'avance. Il faut donc prendre les mesures soi-même et couper la bonne longueur de fibre. De même, les terminaux étant génériques, ils peuvent s'adapter à plusieurs dimensions de fibre, et il faut les préparer à recevoir la bonne. Il faut également effectuer le raccordement proprement dit. Ça reste très accessible (pas besoin de pince à sertir ou d'outillage particulier), et le tout peut être réglé en quelques minutes, mais on espère que la standardisation aidant ça pourra être simplifié pour les versions finales.

Arrive le gros point noir : le FTTH-PY est censé, à terme, permettre de faire transiter plusieurs types de communications, que ce soit de la voix ou de la donnée, mais pour l'instant seule la voix est réellement opérationnelle. Il n'y a malheureusement pas encore de pilotes disponibles (ni sous Linux, ni a fortiori sous Windows ou Mac OS), et il faut donc passer par des systèmes de conversion des flux de données en signal sonore plus ou moins audible. L'avantage est que ce système de modulation-démodulation (oui oui, c'est un modem) peut être réalisé intégralement en logiciel, l'inconvénient est que les logiciels existants ne sont pas encore à un niveau de stabilité suffisant pour une utilisation réelle. Et même s'ils finissent par y arriver, les prévisions sont pessimistes quant aux performances. Je n'ai donc pas réussi à établir de connexion de données sur ma fibre, j'en suis très déçu. Je ne peux donc que vous transmettre les informations que l'on m'a données, à savoir que les performances attendues pour ce qui concerne les transmissions de données sont de l'ordre de celles obtenues en RFC1149 (IPoAC) pour ce qui concerne le débit et les taux d'erreur, mais sans les problèmes de latence variable. C'est prometteur, mais encore une fois, j'ai pas testé donc je peux pas confirmer.

J'ai donc principalement testé la voix, avec des résultats plutôt positifs. C'est un peu nasillard, mais on peut aisément reconnaître la voix de son interlocuteur. Et je n'ai à aucun moment rencontré les problèmes classiques des nouvelles solutions de téléphonie, notamment VOIP : pas d'écho, absolument aucun effet Larsen, pas de micro-coupure... Également, pour autant que ce soit réellement mesurable à l'oreille (je ne dispose pas de bancs de tests sérieux pour ce genre de mesures), il semble que le temps de propagation soit raisonnablement rapide, ce qui est particulièrement appréciable pour les conversations. En revanche, le signal semble perdre en puissance avec la distance. La longueur d'un brin de fibre sera donc calculée en conséquence. Pour les communications plus longues, il faudra mettre en place des répéteurs, mais la qualité du signal s'en ressent, la voix des interlocuteurs étant pas mal altérée voire rendue méconnaissable selon les répéteurs.

Je n'ai hélas pas pu pousser mes tests au-delà, et je ne peux donc vous donner que cet aperçu très partiel.

Mon verdict : de ce que j'ai pu en voir, le FTTH-PY me semble avoir encore du chemin à faire. Les applications de voix sont actuellement bien traitées, mais la transmission de données n'en est encore qu'à ses balbutiements, et je crains que les concurrents dans la course pour le marché FTTH n'aient déjà pris une avance trop importante. Ceci dit, il peut probablement subsister sur des marchés de niche, en raison de son très faible coût de mise en place et de maintenance. À titre d'exemple, un réseau point-à-point de deux postes peut être entièrement constitué pour le prix de deux pots de yaourt et de dix mètres de fil de pêche.

Pour terminer, je voudrais remercier Philippe, qui travaille chez l'opérateur télécom, pour m'avoir proposé de (et encouragé à) participer à cette expérimentation, et sans qui ce billet n'aurait pas été écrit.

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Posted mar. 01 avril 2008 00:00:00 CEST
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