Le weblog entièrement nu

Roland, entièrement nu... de temps en temps.

Archives 2005-12

Imprimez votre propre pub

Je viens de m'acheter un billet de train en ligne. Pour éviter les délais, j'ai choisi de l'imprimer moi-même plutôt que de me le faire envoyer. J'ai donc reçu une adresse web sur laquelle j'ai pu télécharger un PDF, qu'il ne me restait plus qu'à imprimer. Pratique, notamment pour la SNCF qui économise du papier et de l'affranchissement postal.

Là où ça coince, c'est que le billet est imprimé sur un papier A4, et que le quart de ce format est occupé par un rectangle presque intégralement noir à l'exception d'un titre de film écrit en gris. Après avoir subi les intersticiels ou chronogiciels ou je ne sais pas comment s'appellent ces pages de pub insérées entre chaque étape du formulaire de réservation, je viens donc d'être forcé d'imprimer moi-même, à mes frais (frais non symboliques vu le prix de l'encre pour imprimante), une publicité, alors que j'ai ça en horreur. On croit rêver.

Accessoirement, la mise en page du PDF généré est bancale : sur mon imprimante à jet d'encre, où les marges minimales d'impression sont ce qu'elles sont, il manque un gros bout des données en bas de page.

Quant au lien qui promet de répondre à mes questions par e-mail, il pointe non sur une adresse e-mail mais sur un formulaire web, encore un truc horripilant.

Mesdames et messieurs de la SNCF, permettez-moi de vous manifester le peu de respect que j'ai pour vous en ce moment. Je sais, c'est peut-être pas vous, c'est peut-être votre partenaire. Mais soit votre partenaire est un guignol et, par respect pour vos clients, vous feriez bien d'en changer, soit il fait ce que vous lui demandez de faire, et je me demande si l'expression « respect pour vos clients » a un sens pour vous.

Voilà, je suis tout énervé maintenant. Ah, excusez-moi, téléphone. [Cinq minutes passent] Désolé, me revoilà. C'était un démarcheur de Cégétel, qui essayait de me convaincre de passer chez lui pour mon Internet. Alors que Cégétel n'a pas d'ADSL disponible dans ma commune. Qu'est-ce que je disais, juste avant ? Respect, guignols, tout ça. Grrr.

Mise à jour : Les gens de la SNCF m'ont répondu. Ils m'ont demandé ma référence de dossier, pour, je cite, « nous permettre de répondre au mieux à votre demande ». Comme je ne voyais pas le rapport (et que je leur ai signalé), j'ai reçu une deuxième réponse, que je cite in extenso :

Bonjour,

Sur le Billet Imprimé que vous éditez à domicile, vous avez :

1/4 : les informations concernant votre réservation
1/4 : les conditions associées à l'utilisation du Billet Imprimé
1/4 : un encart publicitaire

Le Billet Imprimé ne doit pas être découpé et vous devrez présenter une pièce d'identité en cours de validité avec photo.

Nous espérons avoir répondu à votre demande.

Cordialement.

Me voilà rasséréné.

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Posted lun. 12 déc. 2005 00:00:00 CET
Journées du libre 2005

Les 8, 9 et 10 décembre se sont déroulées les Journées du libre de Montpellier, dans leur cinquième édition. Je travaillais le 8 et le 9, mais j'ai pu y assister le samedi 10, consacré au grand public (par opposition aux administrations et aux entreprises, thèmes des deux jours précédents). J'ai donc assisté aux conférences suivantes :

  • « Passer doucement au libre à la maison », qui proposait une approche simple. Première étape, utiliser sous Windows (mais c'est valable aussi pour Mac OS) des logiciels libres qui existent pour Windows et pour un système libre, de manière à s'habituer à leur interface. Deuxième étape, installer une distribution d'un système libre (Linux ou BSD), et continuer d'utiliser ces applications, dont l'interface est maintenant connue. Troisième étape, optionnelle, chercher des applications plus puissantes lorsque le changement de système a fini de dérouter. Xavier Facelina, le conférencier, donnait une liste d'applications qui satisfont les critères (libres, et fonctionnant aussi bien sous Windows que sous des OS libres), et qui couvrent les besoins courants d'une utilisation domestique de l'ordinateur. Cette liste, avec le reste de la présentation, devrait apparaître sur le site web des JLM.
  • « Formats ouverts », par Thierry Stoehr, qui rappelait que les données numériques font partie du patrimoine des individus, mais aussi des sociétés et des administrations, et qu'il est crucial que ces données restent disponibles (il peut y avoir des obligations légales, par exemple). Différentes problématiques de formats font que cette pérennité est en danger à mesure que le temps passe. Outre les problèmes de format physique (détérioration du support, disponibilité du matériel), se posent bien entendu le problème du format de fichier, qui peut amener à une dépendance vis-à-vis d'un éditeur de logiciel (et de son bon vouloir) s'il n'est pas ouvert, et du format juridique de ce format de fichier, qui peut restreindre arbitrairement les cas d'utilisation. La conclusion, qu'on perçoit bien intuitivement, découle logiquement de ces considérations : les problèmes de formats physiques peuvent être évités en tirant parti de l'avantage du numérique (copiable à l'infini sans perte), et les autres ne peuvent être évités que par l'utilisation de formats ouverts.

Je me suis échappé au cours de la table ronde sur les contenus libres, pour aller discuter avec Thierry Stoehr (présitent de l'AFUL et rédacteur en chef du site Formats ouverts) de l'interprétation qu'on peut (ou non) faire du projet de loi DADVSI dans son état actuel, et qu'il avait mentionné au cours de sa conférence. Il m'a confirmé mon interprétation pessimiste, sur laquelle j'avais un doute, malgré ma lecture attentive du texte, après m'être fait taxer de paranoïa dans un commentaire sur mon article à ce sujet. Pour résumer : oui, tout l'Internet deviendrait interdit en France si le projet de loi passait tel quel, aussi ahurissant que ça puisse paraître. On a eu droit un peu plus tard à une explication plus en détail de ce projet de loi, et du processus parfois trouble et peu démocratique dans lequel il a été élaboré (notamment par une commission représentant certains intérêts partisans au détriment d'acteurs majeurs de la société civile).

Quelques remarques sur l'organisation : l'emplacement (hôtel d'agglomération) est idéal, entre un parking et un arrêt de tram, les locaux sont clairs et confortables (notamment la salle où se tenaient les conférences), et (de ce que j'en ai vu) les organisateurs ont réussi à inciter les intervenants à ne pas dépasser de leurs créneaux horaires attribués. Petits bémols : l'affluence a fait qu'il était parfois un peu difficile de se déplacer entre les stands ou d'une salle à un point de démonstration, et on peut regretter d'avoir pu entendre l'amplification d'une présentation depuis la salle où avait lieu une autre conférence. Sinon, rien à dire (mais encore une fois, je n'ai pas assisté à l'intégralité de ces rencontres).

J'ai également revu Frédéric Couchet, président de la FSF France, qui continue à avoir une vision très claire et précise des problématiques dont il parle, malgré son élocution toujours aussi énergétique (voire hypercaféinée), rencontré plusieurs personnes que je ne connaissais que de nom et d'adresse e-mail, et obtenu l'assurance que le support de Docbook dans Openoffice allait être grandement amélioré bientôt promis-promis. À noter aussi une idée intéressante : pour essayer du logiciel libre encore plus en douceur que par la méthode la plus répandue actuellement (les "Live CD"), la Framakey permet d'utiliser les logiciels libres les plus courants sous Windows, sans installer quoi que ce soit ni laisser la moindre trace sur le PC utilisé.

Et je me suis un peu promené à Montpellier, qui semble être une ville jolie et bien mise en valeur. Et de toute façon j'ai toujours eu un faible pour les villes avec des trams.

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Posted dim. 11 déc. 2005 00:00:00 CET
Nouvelle catégorie

Je cède à la pression populaire de Raphaël Hertzog : la catégorie geek-fr est maintenant créée sur ce blog. Elle me servira à publier des notes à portée moins internationale que l'ancienne catégorie geek (renommée en geek-en pour l'occasion). geek-fr et geek-en sont des sous-catégories de geek, donc le flux RSS geek contient maintenant les deux séries d'articles. Pensez à mettre à jour la configuration de vos logiciels le cas échéant.

Mise à jour : Deux articles précédemment classés dans la catégorie « Général » ont été recatégorisés, ce qui explique que le présent article n'est plus le plus ancien de la catégorie.

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Posted mer. 07 déc. 2005 00:00:00 CET
L'Internet bientôt illicite en France

La nouvelle fait le tour des blogs français (et de quelques sites non-français, aussi), mais tout le monde n'est pas encore au courant, donc je profite de cet espace pour apporter ma pierre à l'édification des foules.

Pour faire bref : un projet de loi, qui suit actuellement une procédure accélérée sur le chemin de la force de loi, aurait en l'état des conséquences désastreuses sur la quasi-totalité des utilisations de l'informatique en France (en exagérant à peine), et il s'agit autant de se mobiliser contre ce projet lui-même que contre la manière peu démocratique dont certains intérêts privés usent pour le promouvoir.

Plus de détails. Il s'agit du projet de loi « Droit d'auteur et droits voisins dans la société de l'information », que tout le monde appelle « DADVSI » pour faire court. Ce projet de loi, dont les intentions sont probablement louables, est malheureusement infesté de graves défauts ; parmi ceux qui me choquent le plus :

  • Le texte est actuellement formulé de manière à maximiser la mainmise des détenteurs des droits sur des œuvres de l'esprit (pour simplifier : les majors de la musique et du cinéma), au détriment des libertés du citoyen. En supposant que ce texte devienne loi en l'état, il deviendrait tout-à-fait possible que Vivendi Universal, par exemple, décide qu'un CD ne soit plus un objet qu'on achète, mais devienne un simple support, et que le droit d'écouter la musique qu'il contient soit soumis à un paiement pour chaque écoute. Pire, écouter un CD deux fois sans payer constituerait un délit de contrefaçon (sévèrement puni). Le droit à la copie privée ? Aboli, vous pensez bien.
  • Bien entendu, ceci n'est pas techniquement réalisable avec les supports actuels pour les œuvres littéraires ou artistiques : les lecteurs de DVD actuels lisent autant de fois les films qu'on appuie sur la touche de lecture de leur télécommande. Mais la loi prévoit de rendre obligatoire des mécanismes de contrôle d'accès (DRM, pour digital rights management) dans tout dispositif, logiciel ou matériel, ayant accès à des œuvres protégées par le droit d'auteur. Plus précisément, elle interdit la mise à disposition de dispositifs ne disposant pas de ces mesures de contrôle d'accès, dès lors que ces dispositifs pourraient permettre la mise à disposition d'œuvres protégées. La désactivation et le contournement de ces mesures, de même que la publication d'information relatives à cette désactivation ou ce contournement, seraient également considérés comme des délits de contrefaçon. Une conséquence directe serait que tout logiciel libre deviendrait immédiatement illicite, puisque par définition il contient dans son code source l'information nécessaire au déblocage ou au déchiffrement du contenu, et que le code source est public.
  • Conséquence encore plus grave : tout système de communication devient immédiatement suspect voire illicite. Mon téléphone est capable de retransmettre à quelqu'un d'autre la musique que j'écoute, sans que celui-ci ait à payer la SACEM ? Le système téléphonique est assimilable à une mesure de contournement, et c'est de la contrefaçon. Mon caméscope peut enregistrer puis rediffuser une projection publique dans un cinéma en plein air ? Contrefaçon. Mon logiciel d'e-mail peut attacher un fichier JPEG en pièce jointe ? Contrefaçon.
  • De manière plus vaste : il a été démontré il y a quelques années, et sur un sujet similaire, que les logiciels et des protocoles formant la base la plus fondamentale de l'Internet peuvent être utilisés pour la communication de données hors de leur attribution d'origine. Les geeks se rappellent peut-être de l'initiative "42 ways to distribute DeCSS", qui faisait transiter un bout de programme informatique par les protocoles de communication les plus usités de l'Internet : DNS et e-mail par exemple, mais aussi une quantité de protocoles utilisés dans toutes les entreprises disposant d'un « système d'information » (un simple partage de fichiers Windows est suffisant). Tous ces systèmes, vitaux de nos jours, ne disposent pas de systèmes de DRM. Donc, ils constituent de la contrefaçon.
  • « Accessoirement », et j'emploie ce mot avec une ironie amère, il a été décidé (par qui, comment ?) que ce projet de loi présentait un caractère urgent, et il sera donc examiné et voté sans débat dans la nuit du 22 au 23 décembre 2005, bien à l'abri des regards citoyens indiscrets (qui auront autre chose à faire, n'est-ce pas). Sauf que non, la date a même été modifiée, ce sera la nuit du 20 au 21 (et la suivante). Un joli passage en force.

En passant, l'actualité récente nous a montré en quoi les systèmes de DRM pouvaient être nocifs : ce n'est que récemment qu'on a constaté que les CD « protégés contre la copie » vendus par Sony installaient sur les ordinateurs qui les lisaient des programmes délibérément néfastes, même sans l'accord de l'utilisateur, et qui ouvraient des trous de sécurité permettant éventuellement à des personnes malveillantes de prendre le contrôle desdits ordinateurs. Sans le moindre cas de conscience de la part de Sony, d'ailleurs. Je me demande dans quelle situation légale se trouverait le propriétaire d'un ordinateur qui, ayant installé sans le savoir (ou contre son gré) ce genre de logiciel, et dont l'ordinateur serait utilisé à des fins criminelles par une tierce personne. Serait-il considéré comme coupable des actes de malveillance commis depuis son ordinateur ?

Pour plus d'informations, je vous incite fortement à lire le site EUCD.info, qui contient un dossier complet sur le sujet, avec des explications plus détaillées et certainement mieux formulées que les miennes. Signez également la pétition (c'est important), et prenez un quart d'heure pour écrire ou téléphoner à votre député (c'est important aussi). Faites connaître ce site, faites circuler l'information. Vite. Parce que personne ne s'attendait à voir apparaître Big Brother si tôt et si ouvertement.

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Posted mer. 07 déc. 2005 00:00:00 CET
New blog categories

After large amounts of peer pressure from Raphaël Hertzog and other French Debian Developers, I finally created a new geek-fr category in this blog. The old geek category was renamed to geek-en for consistency, and both are now subcategories of a new geek category. I think that means you'll get articles in both French and English if you just read geek. Same applies for the RSS feeds, so you may like to update your feed readers and aggregators (I already updated Planet Debian).

The new geek-fr subcategory will contain articles in French, as you'd expect, and will probably be more related to French-specific events.

I'll post another announcement in French in a few minutes.

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Posted mer. 07 déc. 2005 00:00:00 CET
Retour à la maison

26 novembre. Arrivé à Osaka, trois heures à perdre. Profité un peu du wifi et des prises de courant dans l'aérogare, puis posé sur un siège pour attendre l'embarquement (et réveillé juste à temps, ouf). Vol sans histoire jusqu'à Roissy, mais la campagne est neigeuse en arrivant. Et il fait froid à Paris. Je squatte chez Thomas, qui a fait la fête la veille au soir, donc on se couche tôt d'un commun accord.

27 novembre. RER, Orlyval, avion vers Nice. En arrivant, je me refais un troisième coup d'effet chapeau (les douaniers adorent mon chapeau), mais Xavier et Gaby ne s'impatientent pas et me ramènent chez moi. Plus qu'à se remettre dans le train-train du boulot, de la jonglerie, renouer le contact avec les clients, faire une ou deux lessives, ce genre de choses.

Prochain tour du monde : la date n'est pas encore fixée, mais j'ai déjà plein d'idées, et pas mal de notes pour éviter les pièges de ce voyage-ci. Quand je serai riche et que j'aurai de nouveau plein de vacances...

Cette rubrique du blog touche donc à sa fin. Il y aura peut-être encore un ou deux messages pour signaler quand j'aurai mis en ligne une partie plus significative des photos, mais il y en a environ 3200 donc vous devrez me laisser un peu de temps pour faire du tri.

Merci aux voyageurs qui m'ont accompagné et à ceux que j'ai rencontrés sur place... et vivement le prochain tour du monde !

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Posted ven. 02 déc. 2005 00:00:00 CET
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