Le weblog entièrement nu

Roland, entièrement nu... de temps en temps.

Archives 2005-03

Onze à la demi-douzaine

Je viens de faire cuire (et de manger) mon reste de ratatouille avec mes deux derniers œufs de la boîte. C'était une boîte de six, qui contenait au total onze jaunes. Pas mal.

Au Moyen-Âge, on aurait considéré ça comme un signe de la venue proche du Messie, ou de la fin du monde, voire les deux à la fois. Personnellement, j'y vois un signe que je n'ai plus d'œufs, et qu'il faut que j'aille faire des courses.

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Posted Fri 18 Mar 2005 00:00:00 CET
De la neutralisation des pluriels

Après l'amicale empoignade de nico et Thomas sur le genre et la neutralité ou pas des pluriels collectifs, empoignade déclenchée par le titre du billet de Thomas, « Obsédé-e-s textuel-le-s », l'un des deux camps a essayé de me prendre à partie, arguant (ah, comme j'aurais aimé mettre un tréma sur ce a... mais non) que j'aurais certainement une opinion pertinente sur le sujet. Moi qui m'étais fermement retenu de l'exprimer, je m'y vois contraint. Tant pis pour vous.

Mon opinion est donc la suivante : les solutions proposées vont de critiquable (neutralité masculine, qui ennuie les féministes et les égalitaristes) à horriblement moche (les tirets et les majuscules). Sans compter que dans les cas où le féminin ne se forme pas par un simple ajout de lettres, les parenthèses obligent à placer le mot à neutraliser dans ses deux versions complètes, et j'ose à peine imaginer la cacophonie (cacographie ?) que ça peut donner avec les autres versions. HideuSEx, affreu-se-x, pas be(au)(lle), etc. Au passage, je note que la solution la plus logique, « Obsédés textuels et obsédées textuelles », n'est même pas évoquée, même pas pour souligner que ça ne fait que décaler le « problème » vers l'ordre des mots.

Le problème est que je n'ai guère mieux à proposer. Sauf que. Sauf que, doit-on vraiment neutraliser à tout prix ? J'ai plusieurs objections (qui justifient mon inertie et mon utilisation prolongée de la neutralité masculine).

D'abord, cette solution d'usage (la neutralité masculine) est à mon avis suffisamment ancrée dans les mœurs pour n'être qu'artificiellement gênante. L'argument selon lequel la neutralité masculine véhicule un préjugé de supériorité me semble faible. Je ne serais pas étonné qu'elle ne le véhicule que depuis que des féminisateurs s'en sont emparés (ceci est un pluriel neutre). Peut-être effectivement que quelques méchants machos sexistes (ouh les vilains) en profitent sciemment depuis, mais mon intime conviction est que l'immense majorité des francophones utilsent la neutralité masculine sans aucune intention péjorative ou discriminatoire, et surtout sans aucune connotation (je rappelle au passage que c'est la règle enseignée à l'école). Cette connotation est à mon avis artificielle, et n'existe qu'en tant qu'à éviter car politiquement incorrecte.

Ensuite, je ne suis pas convaincu de la neutralité du choix. La lubie de féminisation des termes me semble toute récente, ce qui m'étonne. Pourquoi doit-on soudainement tout féminiser (ou neutraliser) maintenant, alors que personne n'en ressentait le besoin il y a dix ans ? Cette revendication me semble le fait d'une minorité vocale. Ce n'est pas une tare en soi, mais cela contribue à rendre floue la limite entre égalitarisme de bon aloi et féminisme exacerbé (veuillez ne lire de connotations que dans « de bon aloi » et « exacerbé », et non dans les noms qu'ils qualifient). J'ai entendu parler de plusieurs tentatives similaires en anglais (cf. l'article sur les pronoms neutres de la Wikipédia anglophone), toutes visent à proposer une alternative réellement neutre et non à réaffirmer la position féminine (et je trouve la solution des majuscules presque agressive en ce sens). Cherche-t-on la neutralité, ou cherche-t-on à inscrire des revendications politiques plus ou moins revanchardes dans la langue, au risque de dériver vers une sorte de Novlangue orwellienne ?

Soyons honnêtes : il serait beaucoup plus difficile de reprendre en français les idées de pronoms neutres anglais évoqués ci-dessus. En anglais, une poignée de mots suffisent. En français, où beaucoup de mots s'accordent en genre et en nombre, il faudrait inventer, à quelques exceptions épicènes près, une nouvelle (troisième) graphie pour chaque adjectif, pour chaque nom, pour chaque forme de participe... On ne peut pas de manière pratique introduire dans le français un nouveau genre neutre, à moins de le transformer en autre chose que du français. Ça tombe bien, l'usage nous fournit une forme déjà acceptée comme neutre.

Pour répondre à la question de Thomas (zut, je l'ai dévoilé) : mon usage personnel est de garder l'usage du masculin neutre, sans réprouver certains néologismes occasionnels tel le « lecteurtrices » employé par Léandri (ou Gotlib ?) dans Fluide Glacial. (Mise à jour : C'est Léandri, autant dans ses chroniques que dans ses photos-BD.) Le reste, surtout employé couramment, me choque les yeux et m'ennuie, car il distrait l'attention du lecteur (moi en l'occurrence) en remettant sur le tapis un combat (ou en cédant mollement sans réfléchir aux exigences du politiquement correct).

Mon Papi dirait qu'on n'a qu'à tous parler en Esperanto.

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Posted Wed 16 Mar 2005 00:00:00 CET
Et maintenant, la Fife

La Fife, le Fifou, Philippe. Midgorn (des restes de son passé gothique, probablement). Je suis sûr que ma petite sœur Virginie emploie d'autres noms dans l'intimité, mais sa facette publique s'appelle Psychothérablog pour une excellente raison : il préfère poster ses coups de gueule sur un blog que sur ma frangine, ce dont elle doit lui être fort reconnaissante.

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Posted Wed 16 Mar 2005 00:00:00 CET
Bouquins

Thomas m'a transmis un des derniers phénomènes à la mode sur les blogs : un bref résumé des livres qui m'intéressent ou m'ont intéressé. Ça se passe en cinq questions.

  1. **Combien lis-je de livres par an ?** Bonne question. En moyenne, probablement une dix-douze-quinzaine, mais c'est sans compter les BD et les relectures.
  2. **Quel est le dernier livre que j'ai acheté ?** Mon dernier lot était composé du tome 3 du *Retour à la terre*, une BD de Larcenet et Ferri ; le tome 3 de *Spoogue*, dont j'oublie les auteurs ; et l'album *Inédits* de Gotlib. Mais c'est des BD, donc peut-être ça compte pas. Le précédent bouquin était *The Art of Discworld*, une collection de dessins et vues d'artiste des personnages et lieux de la grande saga du Disque-Monde. La saga est de Terry Pratchett (vous risquez de lire ce nom plusieurs fois dans les prochains paragraphes), les dessins et peintures et gravures et autres sont de Paul Kidby (illustrateur habituel des livres de la saga). Mais c'est principalement un livre d'images, donc peut-être que ça ne compte pas non plus. Dernier vrai bouquin ? Probablement les *Exercices de style* de Queneau. Ah, le « ...vêtu comme on se vêt sans doute à la Chine » ! Ah, le longicol tressautourduchapeauté ! Et aaah, le sidérodromeux stathme hagiolazarique !
  3. **Quel est le dernier livre que j'ai lu ?** En vraie lecture, les *Exercices de style* sus-cités. Depuis, j'ai aussi relu *Dirk Gently's Holistic Detective Agency*, de Douglas Adams (pour la probablement 4-5e fois) et *Good Omens*, de Terry Pratchett et Neil Gaiman (pour la probablement 7-8e fois). À peu près en parallèle.
  4. **Cinq livres qui comptent beaucoup pour moi ou que j'ai particulièrement appréciés :** Attention, je vais tricher.
    • La trilogie (en cinq volumes) du *Hitch-Hiker's Guide to the Galaxy*, de Douglas Adams, que j'espère ne plus avoir à présenter ;
    • *1984*, de George Orwell : le plus inquiétant n'est pas le livre mais le monde dans lequel il se passe, et vers lequel le monde « réel » tend à toute vitesse (même si bien entendu les formes diffèrent un peu) ;
    • *Gödel, Escher, Bach* de Douglas Hofstadter : à la fois très vaste dans les domaines qu'il aborde et très profond dans la manière de les traiter ;
    • *Neuromancer*, de William Gibson : un autre monde vers lequel on tend un peu aussi, mais qui fait moins peur que celui de 1984 ;
    • Et surtout : toute la série du Disque-Monde, de Terry Pratchett (oui, je sais, ça fait au moins 25 livres, mais ils sont tous dans mon Top 5).
    Voilà, j'ai triché.
  5. **À qui vais-je passer ce virus et pourquoi ?** Je suis censé passer ce virus à trois personnes, les nommer ici, et en justifier le choix. Je ne le ferai pas, et je vais justifier ce choix par trois raisons :
    • parmi les rares blogs de personnes que je connais, deux ont déjà été contaminés (Thomas et Sam), et le virus serait hors-sujet sur les autres ;
    • je ne vois pas pourquoi je choisirais ; fidèle lecteurtrice, sers-toi si tu veux, tu es libre ;
    • je me refuse à infliger à qui que ce soit cette torture de devoir se limiter (donc trahir).
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Posted Wed 16 Mar 2005 00:00:00 CET
Perdu Alfa 164 grise

Bon, voilà. Hier soir, on m'a piqué ma voiture, pendant que je faisais de l'acrobatie. Une superbe Alfa de 1989, avec un autoradio plus vieux que moi (vraiment), et une antenne pétée. Je comprends pas ce qui peut passer dans la tête d'un type qui veut voler ça. Penser la revendre en pièces détachées, peut-être ? Toujours est-il que tel Aimé Lacapelle (t. 3 p. 44), je suis passé par les étapes de la surprise, de l'incrédulité et de la colère, et que j'en suis à « un relatif abattement ». En d'autres termes, je suis vert.

Bon, qu'à celà ne tienne, l'hiver touche à sa fin, il fait beau, et il me reste la moto. Me suis-je dit. Mais ce matin, l'hiver n'étant pas encore totalement fini, ma moto avait froid à la batterie, et n'a rien voulu savoir. Je remercie donc Robin, qui est venu me chercher pour m'amener au boulot (et retour ce soir), et Xavier, qui a fait un tour à la Maison de la moto pour m'acheter un chargeur de batterie. Naturellement, quand je suis arrivé à la maison ce soir, la machine a presque démarré au quart de tour. « Un relatif abattement », disais-je.

Tiens, je regarde le site de Météo France, en passant, et que prévoient-ils pour demain matin ? 2 °C, pluies modérées ou fortes. Chuis fatiguééé.

Bon, ceci dit, ça me fournit une occasion de me poser sérieusement la question du remplacement (ou non) du véhicule à quatre roues. Le printemps approche, donc la moto devrait suffire à mes déplacements maison-travail (et si une vague de neige s'abat de nouveau sur le coin, j'ai repéré un bus en bas de chez moi qui va jusqu'à la gare de Cannes, et un autre qui va de la gare de Cannes à 200m du boulot). Je fais mes courses à pied depuis plusieurs mois sans manquer de rien. Je pourrais donc théoriquement me contenter de louer une voiture ponctuellement de temps en temps quand le besoin s'en fera sentir. Bref. On verra.

Pour l'instant, la batterie de la moto se charge doucement.

Mise à jour : Ne cherchez plus, la voiture a été retrouvée y'a quelque temps.

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Posted Wed 02 Mar 2005 00:00:00 CET
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